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Tome cinqième.
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SÜR LA FORTIFICATION PRIMITIVE.

par une force capable de tenir t6te äla garnison. Or, cette force ne peutvenir ä d£couvert, puisqu’elle serait4videmment foudroyäe par 1’artilleriede la place. Elle ne peut donc arriverque par des tranch^es bien liäes et biensoutenues les unes par les autres,c’est-ä-dire, en suivant les mömesprocddfe que ceux qu’on emploie au-jourd’hui.

C’est en cela que les sidges actuelsdifferent essentiellement de ceux quietaient en usage avant l’invention dela poudre. Les anciens venaient aupied des murs pour les saper ou pourles battre avec le bälier, et commenous, ils Etaient oblig£s de soutenirleurs travailleurs contre les sorties del'assidgä; mais les soldats qui soute-naicnt les travailleurs n’avaient pas,comme nous, besoin de se couvrir deparapets, et de venir en louvoyant pardes boyaux de tranchee, parce que lesprojectiles lancäs par les assidgds nepouvaient les aller chercher bien loin,et que les casques, les cuirasses et lesboucliers des assiägeans suflisaientpour les garantir contre la plupart deces projectiles. Ainsi, ils paraissaientavec säcuritä en force autour des mursde la place, tandis qu’aujourd’huinous ne pouvons en approcher que

par des tranehees profondes et biencouvertes.

Les tours dont les anciens flan-quaient leurs muraillesleur etaient ne-cessaires, parce que c’etait de lä seulementqu’ils pouvaient combattreavevquelque avantage leur ennemi, atta-ch6 au pied de ces murailles pour lessaper ou pour les battre avec le bälier;mais le canon, qui tient aujourd’huilieu du bälier, ne saurait se placercomme lui au pied de la moraille ä laquelle on veut faire brache : ce canonest etabli sur la cräte du glacis, etpourrait Ätre battu directement duhaut du rempart qui est vis-ä-vis, sicelui-ci 6tait approprid pour cela beaucoup plus efficacement qu’il ne peutl’ötre d’un flanc tres dloignö, contrelequel il est ais£ de se couvrir par unsimple epaulement. C’est donc unefausse analogie qui a fait penser qu’onpouvait remplacer les tours anciennespar des bastions, lors de l’inventionde la poudre, et la decouverte desarmesä feu aurait dü ramener ä la for-tification primitive, au lieu d’en äcarterde plus en plus.

II serait ä souhaiter que l’on voulütpeser ces reflexions mürement, dansle seul intäröt des progräs de l’art, sanspassion et sans pr6jug6s.