Band 
Tome cinqième.
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eessibles pour tous; tamiis que Napo-leon , en parlant des Alpes Rhetiennes,disail « qu’uae armee devait passer par-tout oü un komme pouvait poser Lepied. »

Des generaux non moins experi-mentes que lui dans la guerre de rnon-tagnes, ont partagü sans doute la mö-me opinion en proclamaut la grandedifliculte qu’on eprouve ä y menerune guerre defensive, ä moins de reu-nir les avantages d’une levce en massedes populations ä ceux d’une armeereguliere, la premiere pour garder lescimes et harcelerl’ennemi, ladernierepour lui livrer balaille sur les pointsdecisifs ä la jonction des grandes val-ides.

En relevant ces contradictions, nousne cödons point ä un futile esprit decriüque, mais seulement ä l’envie dedemontrer ä nos ieeteurs que, loind’avoir porte l’art jusqu’ä sesdernibreslimites, il existe encore une mullitudede points ä discuter.

N’ous n’entreprendrons pas de d<§-rnontrer ici la valeur strategique desdivers accidt ns topographiques ou ar-tiliciels qui compo>ent un theätre deguerre, car les plus importans serontexamines dans les differens articles dece chapitre auxquels ils se rapportent;cependant on peut direen general queceite valeur depend beaucoup de l’ha-biletü des chefs, et de l’esprit dont ilssont auimds; le grand capitaine quiavait franchi le Saint-Bernard et or-donnd le passage du Splügen , etaitloin de croire ä Yinexpugnabilite de ceschaines.

Des base d’opdrations.

Le premier poiut d’un plan d’opera-tions est de s’assurer d’une bonne ba-se ; on nomme ainsi l’ütendue ou la

fraction d’un etat d’oü une armeetirera ses ressources et renforts (1);celle d’oü eile devra partirpour uneexpedition offensive, et oü eile trou-veraun refuge au besoin; celle enfinsur la quelle eile devra s’appuyer si eilecouvre son paysdefensivemont.

Lorsqu’une frontiere offre de bonnesbarrieres nafurelles et artificielles, eilepeut former ainsi, tour ä tour, soitune excellente base pour l’offensive,soit une ligne de defense lorsqu’on sebornernit ä vouloir preserver le paysd’invasion.

Dansce derniercas, il seraprudentdese münageralorsune bonne base en se-conde ligne, car, bien qu’au fond unearme soit censde Irouverun appui par-tout dans son propre pays, encoreexisle-l-il une grande difference entreles parties de ce pays entiürement dü-nueesde poinis et de rnoyens militai-res, d’arsenaux, de forts, de magasinsa i'abri, et les autres contr6es oü l'ontrouverait de puissantes ressources decette espece : ce sont celles-la seule-ment qui peuvent ßtre considöreescomme des bases d’opörations soli-des.

Chaque arm6e peut avoir successi-vementplusieurs bases: par exemple,une armee frangaise operant en Alle-magne aura pour premiere base lelthin, eile pourra en avoir au-delä dufleuve partout oü eile aura des allies oudes lignes de defense permanentesd’un avantage reconnu; mais si eile estramenüe derriere le fleuve, eile trou-vera une nouvelle base sur la Meuse

(1) Si la base d’opdrations est le plus souventaussi celle des approvisionnemens, il y a desexceptions, du moins pour ce qui concerrie lesvivres. Une ar/nde franf.iise, placde sur l'Elbe ,pourrait tirer sa subsislance des provinces de la"Wesiphalie ou de la Franconie , et sa v^rilableba c o r'cn‘erat* pn= moins ■'■ir lcRHn