voyant ce qui se passait, Napoleon en-gageale göneral ä appuyer cette alta-que, attendu qu’il n’en coüterait pasdavantage de marcher en avant que dese retirer. Le general ordonna doncque toutes les reserves se missent enmouvement: tout s’übranla, Napoleonmarcha ä la töte; malheureusementun aide-de-camp est tue aux cötes dugüneral en chef. La peur s’empare dugünüral, il fait battre la retraite surtous les points, et rappelle ses troupesau moment oü les grenadiers, apresavoir repoussü les tirailleurs ennemis,parvenaient a la gorge de la redoute etallaient s’en rendre maitres. Les sol-dats furent indignös; ils se plaignirent
qu’on leur envoyait des. et des
müdecins pourles commander. Le co-mit6 de salut public rappelaDoppet, etsentit enfin la necessitü d’y envoyer unmilitaire; il envoya Dugommier, of-ficier de 50 ans de Service, couvert deblessures et brave comme son üpüe.
L’ennemi recevait tous les jours desrenforts dans la place : le public voyaitavec peine la direction des travaux dusiege. On ne concevait pas pourquoitous les efforts se portaient contre lepetit Gibraltar, tout l’oppose de laplace. On n’en 6tait encore qu’ü assiü-ger un fort qui n’entre pas dans leSysteme permanent de la defense dela place, disait-on dans tout le pays;ensuite il faudra prendre Malbosquetet ouvrir la tranchüe contre la ville.Toutes les soci6tes populaires faisaientdünonciations sur dönonciations ä cesujet. La Provence se plaignit de lalongueur du siöge. La disette s’y faisaitvivement sentir; eile devint mömeteile qu’ayant perdu l’espoir de laprompte reddition de Toulon , Früronet Barras, saisis de terreur, ücrivircntde Marseille ä la Convention, pourl’engager ä dülibtfrer, s’il ne vaudrait
pas mieux que l’armüe levflt le si6ge etrapassdt la Durance, manoeuvre quiavait ütö faite par Frangois 1", lors del’invasion de Charles-Quint . Tlseretiraderriüre la Durance; l’ennemi ravageala Provence; et quand la famine forgace dernier ä la retraite, il le fit attaquervigoureusement.
Les reprösentans disaient qu’en üva-cuant la Provence, les Anglais seraientobligüs de la nourrir, et qu’apres laröcolte on reprendrait avantageuse-ment l’oflfensive avec une armüe bienentiere et bien reposee. «C’6taitmüme» indispensable, disaient-ils: carenfin,» apres quatre mois, Toulon n’est pas» encore attaquü; et l’ennemi rece-» vant toujours des renforts, il est &» craindre que nous ne soyons obligös» de faire pröcipitamment et en de-» route, ce que nous pouvons en ce» moment opürer en regle et avec» ordre. »
Maispeu de jours apres que la lettrefut parvenue ä la Convention, Toulon fut pris. Elle fut alors desavouee parces representans comme apocryphe.Ce fut ä tort; car cette lettre ütaitvraie et donnait une juste idee del’opinion que l’on avait de la mauvaiseissue du siege, et des embarras quiexistaient en Provence . Dugommiers’ütait decidü 5 faire une attaque de-cisivc sur le petit Gibraltar. Le com-mandant de i’artillerie y fit jeter 7 ä8,000 bombes, pendant qu’une tren-taine de pieces de 24 en rasaient la de-fense.
Le 18 döcenbre, ä quatre heures dusoir, les troupes s’übranlent de leurscamps et se dirigent sur le village dela Seine ; le projet ütait d’attaquer äminuit, afin d’öviter le feu du fort etdes redoutes intermödiaires. Au mo-ment oü tout est prüt, les reprüsentansdu peuple convoquent un conseil pour