Band 
Tome sixième.
Seite
22
JPEG-Download
 

22

MEMOIRES DE NAPOLEON .

ierrible dans cctle saison. Le conseildes coalises se rßunit aussitöt, et, aprßsune müre delibßration, les raembrestomberent d’accord que Toulon n’elaitplus tenable. On se hßta de prendretoutes les mesures, taut pourl’embar-quement que pour brüler ou coulerles vaisseaux franfais qu’on ne pouvaitpas emmener, etincendier les etablis-semens de la marine. Enfin, on prß-vint les habitans que tous eeux quivoudraient quitter la ville pourraients’embarquer ä bord des flottes anglai-ses et espagnoles.

A l'annonce de ce dßsastre on sepeindrait diflicilement l’etonnement,la confusion, le desordre de la garnisonet de cette malheureuse populaiion,qui, peu d’heures auparavant, cn con-siderant la grande distance oü les as-sißgeans ßtaient de la place, le peu deprogres du siege depuis quatre mois,etrarrivßeprochaine desrenforts, s’at-tendaient ä faire lever le siege et mß-me ä envaliir la Provence.

Dansla nuit les Anglais firent sauterle fort Ponß ; une heure apres on viten feu une partie del’escadre fran^aise;neuf vaisseaux de 74 et quatre frßgatesou corvettes devinrent la proie desflammes.

Le tourbillon de flammes et de fu-mße qui sortait de l’arsenal, ressem-blaitä l’eruption d’un volcan, et lestreize vaisseaux qui brülaient dans larade, ä treize magnifiques feux d’arti-ßce. Le feu dessinait les mßls et la for-me des vaisseaux; il dura plusieursheures et presentait un spectacle uni-que. LesFrangais avaient l’äme dßchi-rße en voyant se consumer, en si peude temps, d’aussi grandes ressourccset tant de richesses. On craignit uninstant que les Anglais ne fissent sauterle fort de la Malgue. II paralt qu’ilsn’en ont point eule temps.

Le commandant de l’artillerie serendit ä Malbosquet. Ce fort etait dßjäövacue. II fit venir l’arlillerle de Cam-pagne, pour balayer sur-le-champ lesremparts de la place, et accroitre le de-sordre en jetant des obus sur le port,jusqu’ä ce que les morliers qui arri-vaienl sur leurs Caissons, fussent miscn batlerie et pussent envoyer desbombes dans la möme direction.

Le general Lapoype, de son cötß,se porta contre le fort Pliaraori, querenncmi evacuait, et s’en cmpara.Pendant tout ce temps les batteries derEguillelte et de ßulagnier ne cessaientde faire un feu des plus vifs sur la rade.Plusieurs vaisseaux anglaiseprouvercntde nolables avaries, et un assez grandnombre d’embarcations clmrgees detroupes furent coulees. Les batteriestirerenttoute lanuit, et ä la pointe dujour on distingua la flotte anglaise horsla rade. Sur les neuf heures du matin,il s’elevaun trösgrand ventd’Olliibecli;les vaisseaux anglais furent obligßs dechercher un refuge aux lies d’IIyeres.

Plusieurs milliers de familles tou-lonnaises avaient suivi les Anglais , deSorte que les Iribunaux rßvolutionnai-res ne trouvßrent que peu de coupa-bles dans la ville : tous les principauxen ötaient partis. Nßanmoins , dans lapremiere quinzaine, plus de Cent mal-heureux furent fusilles.

Depuis, des ordres de la Conventionarriverentpour dßmolir les maisonsdeToulon; l’absurdite de cette mesuren’en arröta pas l’exßcution. On en dß-molit plusieurs qu’on fut obligß de re-bälir ajires.

Pendant le sißge de Toulon , l’armßed’Italic avait etß altaquße sur le Var .Les Pißmontais avaient voulu essayerd’enlrer cn Provence : ils s’etaient ap-prochßs d’Entrevaux; mais, ayant ßtßbattus k Gillette, ils se mirent en re-