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tion. Ils serendirent chez lui pour luien faire des reproclies. Le lemlemainBarras vint ä huit heures chez Napo-leon, qui etait encore au lit: il voulutabsolument le voir, cntru et lui ditqu’il craignait de s’dtre mal expliquela veille; <}ue Napoleon seul pouvaitsauvcr la republique; qu’il venait semettre ä sa disposilion; faire tout cequ’il voudrait, et premlrc tel röle pu’illui donnerait. 11 le pria de lui donncrl’assurance que s’il meditait quelqucprojet, il compterait sur Barras.
Mais Napoleon avait dejü pris sonparti: il repondit qu’il ne voulait rien ;qu’il etait fatigue, indispose; qu’il nepouvait s’accoutumer ä l’humidite del’atmospherede la capitale, sortant duclimat sec des sables de l’Arabie; et iltermina l’entretien par de semblableslieux communs.
Cependant Moulins se rendait tousles matins, entre huit et neuf heures,chez Napoleon, pour lui demanderconseil sur les affaires du jour. G’e-taient des nouvellcs militnires ou desaffaires civiles sur lesquellcs il desirnitavoir une direction. Sur ce qui avaitrapport au militaire, Napoleon rdpon-dait d'apres son opinion ; raais sur lesaffaires civiles, ne croyant pas devoirlui faire connaitre toute sa pensee, ilne lui repondait que des choses va-gues.
Goliier venait aussi de temps a autrefaire visite a Napoleon , lui faire despropositions et demander des conseils.
§ VII.
Le corps des ofllciers de la garnison,ayant ä sa töte le general Morand,conimandant la place de Paris , de-manda a 6tre presente ä Napoleon ; ilne put l’ötre : remis de jmir en jour,
les officiers commcncaient ä se plain-dre du peu d’empressernenl qu’ilmontrait ä revoir ses anciens camara-des.
Les quarante adjudans de la gardenationale de Paris , qui avaient ötenommes par Napoleon lorsqu’il com-mandait l’armeede l’interieur, avaientsollieite la faveur de le voir, 11 les con-naissuit presque tous; mais, pour ea-cher ses desseins, il differa l’instant deles recevoir.
Les huitieme et neuviöme rdgimensde dragons, qui dtaient en garnisondans Paris , etaient de vieux rdgimensde l’arinee d’Italie ; ils ambilionnaientde deliler devant leur ancien gendral.Napoleon accepta cette ollre, et leurlit dire qu’il leur indiquerait le jour.
Le vingt-uniemc des cliasseurs acheval, qui avait contribud au succesde la journec du 13 venddmiaire, etaitaussi ä Paris . Murat sortait de ce corps,et tous les officiers allaient saus cessechez lui pour lui demander quel jourNapoleon verrait le rdgiment. Ils n’ob-tenaient pas davantage que les autres.
Les ciloyens de Paris se plaignaientde l’incognito du general; ils allaientaux theMres, aux revues, oü il etaitannonce, et il n’y venait pas. Personnene pouvait concevoir cette conduite;i'impatience gagnait tout le monde.On murmurait contre Napoldon :« Yoilä quinze jours qu’il est arrivd,» disait-on, et il n’a encore rien fait.» Pretend-il agir comme a son retour» d’llalie, ellaisser perir la republique» dans l’agonic des factions qui la de-» eiiirentV
Le moment decisif approchait.
§ VIII.
Le 15 brumaire, Sidyes et Napoldoneurent une entreyue, dans laquelle ü*