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Tome sixième.
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(lENES. — MASSESA.

sonniers par Monte-Faccio; les atta- 1ques furent renouvelees \e 13 mai.

°tt concenlra ses troupes sur Monte-Creto: le combat fut opiniätre et san-§tant; Soult, aprös avoir fait des pro-d'gss de valeur, tomba grievementWesse et resta au pouvoir de l’ennemi.

Massena rentra dans Gfenes, ayantperdu l’espoir de faire lever le blocus;les vivres devenaient rares et fortchers. La population souffrait, la ra-tion du soldat avait ete diminu6e;cependant, malgrd la vigilance desAnglais, quelques bätimens de Mar-seille, de Toulon , et de Corse, par-vinrent ä entrer dans Gfenes. Ce se-cours eüt ete süffisant pour Tarm6e,mais etait bien faible pour une popu-lation de cinquante mille ämes. Onparlait de capituler, lorsque, le 26mai, arriva le clief d’escadron Fran-ceschi, qui, le 24 avril, avait quittecette ville pour se rendre a Paris : temoin du passage du Saint-Bernard, ilannongait la prochaine arrivee deNapoldon sous les murs de Gßnes. Cetintrepide officier s’ötait embarqud äAntibes sur un bätiment leger; aumoment d’enlrcr dans le port, sa fe-louque etant sur le point d’etre prise,il n’eut d’autre ressource, pour sauverles d£pöches, que de se jeter ä lanage. Les nouvelles qu’il apport'aitremplirent d’allegresse l’armee et lesGenois : l’idöe d’une prompte deli-vrance fit endurer avec patience lesnaaux presens. Les ennemis de laFrance furent consternds, leurs com-plots s’6vanouirent; le peuple suivaitsur les cartes exposdes aux portes desboutiques le mouvement d’une armdeen laquelle il avait place sa confiance,et que conduisait un general qu’il ai-naait: il savait, par l’experience descampagnes precedentesdevait en attendre.

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§ VII.

Cependant un convoi de ble, an-nonce de Marseille , dtait attendu avecla plus grande iropatience; un desbätimens qui en faisait partie, entrale 30 mai dans le port, et annongaqu’il etait suivi par le reste du convoi:la population tout entiere se porta surle quai, des la pointe du jour, pourdevancer 1’arrivee de ce secours siardemment attendu. Son esperaneefut trompee, rien n’arriva, et le soiron annonga qu’il dtait tombd au pou-voir de l’ennemi. Le d^couragementdevint extröme, les magistrats de laville eurent recours aux magasins decacao, dont il existait une grandequantit6 chez les nögocians. Cette villeest l’entrepöt qui en fournit ä touteTltalie. Il s’y trouvait aussi des maga-sins de millet, d’orge, de feves. D6s le24 mai, la distribution du pain avaitcessö; on ne recevait plus que ducacao. Les denröes de premiere neces-sit6 etaient hors de prix : une livre demauvais pain coütait trente francs; lalivre de viande, six francs; une poule,trente-deux francs. Dans la nuit dupremier au deux, on crut entendrele canon. Les sotdats, les habitans seporterent avant le jour sur les rem-parts; vaine iliusion, ces espörancesdechues accroissaient le decourage-ment: la desertion etait assez consi-d6rable, ce qui est rare dans les trou-pes frangaises; mais les soldats n’a-vaient pas une nourriture süffisante.8,000 prisonniers autrichiens btaientsur les pontons et dans les bagnes :ils avaient regu jusqu’alors les mOmesdistributions que les soldats; maisenfin il n’^tait plus possible de leur endelivrer. Massöna le fit connaitre autout ce qu’il general Ott; il demanda qu’il leur fitpasser des vivres, et donna sa parolo