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Tome sixième.
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MEMOIRES DE NAPOLEON .

de lasecte d’Ali, qi:i habitent les bordsde la riviere qui, du Liban , coule versTyr , etaient autrcfois nombreux etpuissans; mais, lors de l’expeditiondes Fran^ais en Syrie , ils Etaient fortddchus; les cruautes et vexations dePjezzar-Pacha en avaient ddtruit ungrand nombre. Cependant ceux quirestaient nous rendirent de grandsServices et se dislinguerent par unerare intrepidite. Tentes les traditionsque nous avons sur l’ancienne Egypte ,portent sa population tres haut. Maisla Syrie ne peut sous ce rapport, avoirdepasse les proportions connues enEurope ; car la, comme dans les paysque nous habilons, il y a des rociierset des terres inculles.

Au reste, la Syrie , comme toutl’cmpirc turc, n’oflre presque partoutque des ruines.

NOTE

SUR I.ES MOTIES OE L’EXl'EOmONOE SYUIE.

Le principal butde l’expedilion desFrancais en Orient etait d’abaisscr lapuissance anglaise. C’est du Nil quedevait parlir l’armec qui allail donnerde nouvelles destinecs aux Indes. L’E-gypte devait remplaccr Saint-Domin-gue et les Antilles , et concilier la li-berte des noirs avec les intdröts de nosmanufactures; la conquöte de cetteprovince entrainait la perle de tousles (Hablisscmens anglais en Aineriqueet dans la presqu’ile du Gange . LesFran^ais une fois maitres des portsdltalic, de Corfou , de Malte et d’A-lexandrie, la Mddilerrande devenaitun lae francais .

La revolution des Indes devait fitreplus ou moins prochaine, seien les

chances plus ou moins heurcuses delaguerre; et les dispositions des habi-tans de l’Arabie et de l’Egypte plusou moins favorables, suivant la politi-que qu’aurait adoptee la Porte dansces nouvelles circonstances; le seulobjet dont on düt s’occuper immedia-tement etait de conquerir l’Egypte et d’y former un etablissement solide;aussi les moyens pour y reussiretaient-ils les seuls prevus. Tout lcreste etait considere comme une con-söquence necessaire, on n’en avaitque pressenti l’exdcution. L’escadrefranf,aise, rtüarmee dans los ports d’A-lexandrie, approvisionnee et montecpar des equipages exereds, suflisaitpour imposer ä Constantinople . Ellepouvait, si on le jugeait necessaire,ddbarquer un corps de troupes aAlexandrcUc; et l’on se serait trouve,dans la mfime annee, maitre de l’E-gypte, de la Syrie, du Nil et de l’Eu-phratc. L’heurcusc issue de la bataiiledes Pyramides, la conqutHe de l’E-gyiile saus cssuyer aucunc perte sen-sible, les bonnes dispositions des ha-bilans, le devoucmenl des chefs de laloi, semblaient d’abord assurer laprompte execution de ces grands pro-jets. Mais bienldt la destruction del’escadre francaise ä Aboukir, le con-tre ordre donne par le dircctoirc äl’cxpedition d’lrlande, et l’inlluenccdes ennemis de la France sur la Porte,rendirent tout plus diflicile.

Cependant deux nrmees turques serdunissaient, l’une ä Ithodes et l’autreen Syrie , pour atlaquer les Franfaisen Egypte . II parait qu’elles devaientagir simultandmenl dans le courant demai, la premiöre en debarquant 11Aboukir , et la seconde en traversant l ßddsert qui sdpare la Syrie de l’Egypl e 'On apprit dans les premiers jours dejanvicr que Pjezzar- Paclui vcunitd’fitre