Band 
Tome sixième.
Seite
841
JPEG-Download
 

MELANGES. 841

termina la Campagne de 1672. LaFrance protegea ses allies, l’electeurde Cologne et l’evöque de Munster ,(l^Fendit l’Alsace et la rive gauche duHhin.

§ III.

XXVI® OBSERVATION.

Louis XIV entra en Campagne avecCent mille hommes, les trois quarts en•nfanterie, ayantun Equipage de siegeet de Campagne; cela forme une nou-Velle ere de l’art militaire.

1° La Hollande n’avait pour sa de-fense que des milices et vingt-cinqtoiUe hommes de troupes de ligne;comment eüt-elle pu faire töte ä centIrente mille hommes? l’electeur deCologne et l’övöque de Munster fai-s aienl cause commune avec la France .

2° Le passage du Rhin est une ope^r ation militaire du quatrieme ordre,Puisque dans cet endroit le fleuve estgueable, appauvri par le Waal, et n’e-tait d’ailleurs defendu que par unepoignee d’hommes.

3° L’armüe a pris soixante places enpeu de temps; mais ä vaincre sans pö-ril on triomphe sans gloire : ces placesn’avaient pour garnison que des mili-ces ä peine armees.

Maitre d’Utrecht , de Naerden, onpouvait s’emparer d’Amsterdam , ce^üi eüt termine la guerre; on ne sutPas profiter des circonstances.

5" Louvois a voulu renvoyer vingt•hille prisonniers, qui furent aussitötf carmes et accrurent l’armöe duPcince d’Orange.

6 ° II fit dissöminer l’armöe dans ein-'IPante places fortes, ce qui l’affaiblitPoint qu’elle ne put plus rien faire.** f allait demolir quarante-cinq de cesWaces, en transporter toute l’artillerie

en France , et en garder quatre oucinq pour servir aux Communicationsde l’armee.

7° Turenne avait la principale con-fiance du roi; on doit lui attribuer cesfautes. On ne voit pas qu’il ait insisteavec force et publiquement pour em-pöcher qu’on les commit. II eüt pu en-trer ä Amsterdam le jour möme oüsestroupes entraient ä Naerden.

Louis XIV fut un grand roi : c’estlui qui a ölevö la France au premierrang des nations de l’Europe ; c’est luiqui, le premier, a eu quatre cent millehommes sur pied et cent vaisseaux enmer; il a accrula France, de la Franche-Comte , du Roussillon, de la Flandre;il a mis un de ses enfans sur le tröned’Espagne ; mais la rövocation de l’editde Nantes , mais les dragonnades, maisla bulle unigenitus, mais les deux Centsmillions de dettes, mais Versailles ,mais Marly, ce favori sans merite ,mais M me de Maintenon , Villeroi,Tallard, Marsin, etc., etc. Eh ! le soleiln’a-t-il pas lui-möme destachesll!Depuis Charlemagne , quel est le roide France qu’on puisse comparer äLouis XIV sur toutes les faces!

XXVII® OBSERVATION.

La marche de Turenne sur la rivedroite du Rhin , pour soutenirles alliös,du roi, est ä la fois politique et mili-taire ; il fut insensible aux murmuresde son arraee. Les soldats virent avecpeine une Campagne d’hiver dans unpays eloignö, dans le temps qu’ils sou-piraient pour leurs quartiers d’hiver.Ses marches, des portes d’Amsterdam ä celles de Munster, de Cologne , deTreves, sont rapides et digues d’ßtreremarquöes.