BULLETINS DE LA GRANDE-ARMEE.
le plus gfand desordre regne ä M oseou etdans l’armee russe, qui est divisee d'opi-nions, et qui a fait des pcrlos enormesdans les di Herents combats. Unc partie desgeneraux a ete changee; il parait quol’opinion de 1’armeo n’est pas favorabieaux plans du general Barclay de Tolly : onl’accuse d’avoir fait battre ses divisions endetail.
Le prince de Sclnvartzenberg est enYolliynie; les Russes fuieni devant lui.
Des affaires assez chaudcs ont■ eu lieudevant Riga; les Prussicns ont toujours eul’avantage.
Nous avons trouve ici deux bulletinsrusses, qui rendent compte des combatsdevant Smolensk et du combat de la Drissa.Ils ont paru assez curieux pour. que nousles joignons ici. Lorsqu’on aura la suitede ces bulletins, on les enverra au Moni-teur. II parait, par ces bulletins, que Inredacteur a profite de la lecon qu’il a recuede Moscou, qu’il ne faul pas dire la veriteau peuple russe, mais le tromper par desotensonges. Le feu a ete tnis a Smolensk)ar les Russes ; ils Font mis aux faubourgse lendemain du combat, lorsqu'ils ont vunotre pont elabli sur le Boryslhene. Ils ontmis le feu ä Dorogliobouj, ;i Viaztna, ä(rlijat; les Francais sont parvenus ä l’e-teindre. Cola se” concoit facilemcnt : lesfrancais n’ont pas d’mteröt ä mettre le feua des villes qui ieur a])partiennent, et ;r se{•river des ressources qu’clles leur offrent.‘‘artout on a trouve les eaves remplicsd’eau-ile-vie, de cuir et de loutes sortesd’objets utiles a l'armee.
Si le pays est devasle, si 1’liabilant souf-fre plus que ne le comporte la guerre, la■aule en est aux Russes.
L’armee se repose le 2 et le 5 aux envi-r ons de Ghjat.
On assure que rennend travaille ;\.desCamps rctranchcs en avant de Mojaisk, eta des lignes en avant de Moscou.
Au combat de Krasno'i, le colonel Mar-«puf, du 6 C de ehevau-legers, a ete blossed’un coup de bai'onnelte, ä la töte de sonNigiment, au milieu d’un carre d’infanleriefasse qu’il avait cnfoncc avec une gründe'atrepidile.
Nous avons jete six ponls sur la Ghjat.
DIX-MUITIEME BÜLL ET IN.
Mojaisk, le 10 teptembrt 1812 .
Fe 4, l'Empereur partit de Ghjat et vintc ainper pres de la puste de Grituova.
Le 5, ä six houres du niatin, l’armee scpn mouvement. A deux lieurcs apresr'di, on decouvrit l’armee russe placee,la droite du cöte de la Moskowa, la gau-
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che sur les hauten rs de la riVe ganche dela Kologa. A douze Cents toises eil avantde la gauclie, l'ennemi avait commence afortitier un heau mamelon entre deux bois,oü il avait place neuf a dixmille liommes.L’Empereur I’ayant rcconnu, resolut de nepas differer un moment, et d’enlever celtePosition. Il ordonna au roi de Naples depasser la Kologa avec la division Com-pans et la cavalerie. Le prince Pouialow-ski, qui etait venu par la droite, sclrouvaen mesure de tourner la p isitiou. A quatreheurcs, l’attaque commcufa. En une heurede lemps, la redoutc ennemie ful priseavec ses canons; le corps ennemi cliassedu bois et mis eu deroutc, apres avoirlaisso le tiers de son monde sur le eliampde bataille. A sept heures du soir le feucessa.
I.e 0, ä deux heures du matin, l’Empe-rcur iiarcourut les avant-]>ostes ennemis:on passa la journee a so reconnaitre.L’ennemi avait une Position tres resser-ree. Sa gauclie etait fort affaiblic par laperte de la position de la veille; eile etaitappuyeoaun grandbois, soutenuc parunboau mamelon couronne d'une redoutearmee de vingt-cinq picces de canon.Deux autres mamelous couronnes de re-doutes, ä cent pas Tun de l’autre, pro-tegeaient sa ligne jusqu’a un grand vil-lage que l’ennemi avait deinoli, pour cou-vnr le plaleau d’artillcrie et d’infantcrie.et y appuyer son centre. Sa droite passaitdorriere la Kologa en arrierc du villagede liorodino, et etait appuyee ä deuxbeaux mamelons couronnes de redouteset de batteries. Cette position parut belleet forte. II etait facilc de manmuvrer etd’obliger l’cnuemi ä l’evacucr; mais celaaurail remis la jiarlie, et sa position neTut pas jugee tellemcnt forte qu’il falluteluder le combat. 11 tut facilc de distin-guer que les redoutes n’etaient qu’ebau-cluies, le fossö peil profond, non palissadc,ni fraise. On evaltiait les forces de l’en-nemi ä cent vingt ou cent trento millehommes. Nos forces etaient egales, maisla superiorite de nos troupes n’etait pasdouteuse.
Le 7, ä deux heures du matin, l’empo-rcur et iil entoure des marechaux ä la po-sition prise l’avant-veiile. A cinq heureset demio, le soleil se leva sans nuages ; laVeille il avait, plu : « C’est le soleil d’Aus-terlilz, » dit l’Empereur. Quoiqu’au moisde seplcmbrc, il faisait aussi i'roid qu’endecembre en Moravie. L’armee en ac-cepta l’augurc. On battit au ban, et on lutl’ordre du jour suivant :
* Soldats, voilä la bataille que vous» avez tantdesirec! Desormais lavictoiro* dopend de vous : eile nous est neces-» saire; eile nous donncra l’abondance,
« de bons quartier» d’hiver, et un prompt