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Tome septième.
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L’EMPIRE.

II s’est arröte ä Salins : c’est une faulegrave. L’oecupation des ponts de Monle-reau aurait fait gagner a I’Empereur unjour, et perrais de prcndre l’armee autri-chienne en flagrant delit.

Le general Chateau arriva devant Mon-tereau ä dix heu res du matin; mais, dösneuf heures, le general Bianchi, comman-dant le prcmier corps autrichien, avait prisPosition avec deux divisions autrichienneset la division würtemborgeoise, sur leshauteursen avant de Montereau, couvrantles ponts et la ville. Le genöral Chateaul’attaqua; n’etant pas soutenu par les au-tres divisions du corps d’armec, il fut re-pousse. Le sieur Lecouteulx, qui avait eieenvoye le matin en reconnaissance, ayauteu son cheval tue, a ete pris. C’est un in-trepide jeune homme.

Le general Gerard soutint le combatpendant toute la matinee. L’Empcreur s’yporta au galop. A deux heures apres midi,il fit attaquer le plateau. Le general Pajol,qui marchait parla route de Melun, arrivasur ces entrefaites, executa une belleCharge, culbuta l’ennemi et le jeta dans laSeine et dans 1’Yonne. Los braves Chas-seurs du7 r deboucherent sur les ponts, quela mitraille de plus de soixante pieccs decanon empöcha de faire sauter, et nous ob-tinmes en meme temps le double resultatde pouvoir passer les ponts au pas deCharge, de prendre quatre millc hommes,quatre drapeaux, six pieces de canon, etde tuer quatre ä cinq mille hommes ä l’en-nemi.

Les escadrons de Service de la garde de-boucherent dans la plaine. Le general l)u-hesme, ofiicier d’une rare intrepidite etd’une longue experience, deboticha sur lechemin de Sens; rennemi fut pousse danstoutes les direetions, et notre armec de-fila sur les ponts. La vieille garde n’eutqu’ä se montrer: l’ardeur des troupes dugeneral Gerard et du general Pajol l’em-pöcha de parliciper ä l’affaire.

Les haDitants de Montereau n’etaientpas resles oisifs. Des coups de fusils tiresdes fenölres augmenterent les embarras derennemi. Les Autrichiens el les wiirtem-bergeois jeterent leurs armes. Un generalwürtembergeois a ete tue. Un general au-trichien a ete pris, ainsi que plusieurscolonels, parmi lesquels se trouve le co-lonel du regiment de Colloredo, pris avecson etat-major el son drapeau

Dans la möme journee, los generauxCharpentier et Alix deboucherent de Melun,traverserenl la for6t de Fontainebleau eten chasserenl les Cosaques et une brigadeautrichicnne. Le general Alix arriva äMoret.

Leduc de Tarente arriva devant Bray.

Le duc de Reggio poursuivit les partisennemis de Provins sur Nogent.

Le genöral de brigade Montbrun, quiavait ete Charge, avec dix-huit Cents hom-mes, de defendre Moret et la foröl de Fon-tainebleau, les avait abandonnes et s’etaitretire sur Essonne. Cepcndant la foret doFontainebleau pouvait ötre disputee piedh pied. Le major-general a ordonnc JaSuspension du general Montbrun et l’aenvoye devant un conscil d’cnquötc.

Une perte qui a sensiblement affcctel’Empereur est celle du general Chateau.Ce jeune ofiicier, qui donnail les plusgrandes esperances, a ete biesse mortellc-ment sur le pont de Montereau, oü il etaitavec les tirailleurs. S’il meurt, et le rap-port des chirurgieus donne peu d’csjtoir, ilmourra du moms accompagne des regretsde toute I’armee, mort digne d’envie etbien preferable a l’existence, pour tout mi-litaire qui ne la conserverait (ju’en sur-vivant a sa reputation, et en etouffant lessentiments que doivenl lui inspirer danscos grandes circonslances la defense de lapatrieet l’honncurdu nom Franpais.

Le palais de Fontainebleau a ete con-serve. Le general autrichien llardeck, quiest entre dans la ville, y avait place dessontinelles pour le defendre des exees desCosaques, qui sont cependanl parvenus äpiller des porlicrs et ä enlever des cou-vertu res d ans les eeuries. Les habitantsne se plaignenl point des Autrichiens,mais de ces Tarlarcs, monströs t[ui des-honorent le souverain qui les emploie etles armees qui les protegenl. Ces brigandssont couverts d’or et de bijoux. On a trouvejusqu’a huit et dix muntres sur ceux queles soldats cl les paysans ont lues : ce sontde veritablcs voleurs de grands chemins-

L'Empereur a renconlrc dans sa mar-che les gardes natidnalcs de Brest et duPoitou. Il les a passees en revue : « Mon-» trez, leur a-l-il dil, de (pioi sont capa-» blcs les hommes de l’Ouest; ils furent do» tout temps les fideles defenseurs de leur» pays, et les plus fermes appuis de I*» monarchie. •

Sa Majeste a passe la nuit du 10 auchateau de Surville, silue sur les hauteursde Montereau.

Les habitants se plaignenl beauconp des

vexalionsdu princc-royal de Wiirtemberg-

Ainsi, l’armee de Schwarzenberg . sCtrouve entamee par la defaite de KleisLce corps en ayant toujours fait partio; P* 1 'la defaite de Wittgenstein, par celle ducorps bavarois, de la division würte®'bergeoise, et du corps du general Buvii'chi. •

L’Empereur a accorde aux trois d |V ''sions de la vieille garde ä cheval cinuCents decorations de la Legion-d'Honncu •11 eu a accorde egalemenl ä la ^ ,e ca-garde ä pied. II en a donne cent a t ;lValerie du general Treilhard, et ui i