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nord-est à pcirtir de Comalcalco , traversent la lagune vers leBellote, et arrivent jusqu’à la mer sur une ligne de vingtkilomètres. Les ruines se trouvent à 3 kilomètres à l’est
sur la rive droite de la rivière. Nous gravissons avec
peine les flancs glissants de la pyramide pour atteindre lelarge plateau qui la surmonte. Là, je ne saurais décrireL’étonnement, l’enthousiasme, le saisissement qui s’em-parent de moi. Tout est si en dehors des choses que j’atten-dais ! tout est si neuf ! si étrange ! Je me trouve en effet enprésence de ruines gigantesques, du même style que cellesde Palenqué , mais plus grandes. Cette pyramide à 285 mètresde base sur 30 à 33 de hauteur; elle est oblongue, surmon-tée d’un vaste plateau où s’élevaient les palais indiens ; elleest bâtie en briques cuites et en terre. Pensez à des milliersde pyramides composées des mêmes matériaux et vousjugerez du travail incroyable que nécessita leur construc-tion ! En dehors de ces masses écroulées, ruines informesqui ne disent rien, le premier édifice qui fixe mes regardsest une tour carrée couronnée d’arbres comme la tour dePalenqué 1 , avec des intérieurs semblables. Tout auprès
1, Durant ee même voyage, M. Charnay a visité de nouveau les ruines dePalenqué, situées dans la province de Chiapas : a Plus jeune, écrit-ii, j’avaistrouvé l’édifice modeste ; j’y retourne presque vieux, et je le trouve gran-diose. Une courte promenade aux environs, au milieu de ce qui reste encorede ruines debout, me pénètre d’admiration. Ce palais massif, ces temples, cespyramides de toutes hauteurs sont plus que majestueux, ils semblenteifrayants... » Ces ruines ont été souvent décrites, notamment par l’abbéBrasseur de Bourbourg ; un des premiers voyageurs qui les ont découverteset fouillées fut Waldeck dont l’histoire tient du roman.
« En 1822, après avoir public la relation d’Antonio del Rio sur Palenqué ,» surnommée la Thèbes américaine, Waldeck voulut connaître par lui-même» les ruines du Mexique et s’installa bravement avec une famille indigène au» milieu des décombres de la vieille Palenqué . Ses recherches furent patientes» et scrupuleuses. Il revint en France , chargé de dessins, de cartons, de» tableaux, de notes, songeant à l’honneur que ses découvertes allaient lui» valoir *, mais bientôt arrivèrent les désillusions. Les libraires ne voyaient» pas un filon d'acheteurs possible pour une publication d'un pareil ordre;» l’archéologie américaine n’était pas classée; l s Académie elle-même ne pos-» sédait pas un seul savant capable de patronner 1 œuvre ; bref, l'immense» travail demeurait en manuscrit. Waldeck ne parvint à triompher de l’in—8 différence des libraires et de l’administration qu’à l’àge de quatre-vingt-h treize ansl Heureusement la nature lui permit d’ètre centenaire et de jouir* quelque peu de ses succès tardifs. Il mourut à cent neuf ans, n’ayant guère» qu’une infirmité : la surdité. A cent trois ans, il envoyait encore des tableaux» au Salon! On se rappellera longtemps ce robuste vieiilardà la barbe blanche,» au teint coloré, aux yeux vifs, presque passionnés, alors qu’il était presque» centenaire! 11 se tenait droit, bien ferme dans sa haute taillo en face des» débris du siècle dont il était vainqueur. U chargeait sa palette de tons
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