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A 8 lieues nord-est de Mexico se trouve le village deSan-Juan, bâti sur l’emplacement de Téolihuacan, la Cité desDieux. Au centre de la plaine où elle s’élevait se voient encoredeux pyramides immenses, jadis dédiées au soleil et à la lune.« Sur le plan supérieur de ces deux pyramides s’élevaient deux» temples superbes où les prêtres des temps antiques sacrifiaient» aux astres du jour et de la nuit. On voit encore des débris de« celui de la lune; de celui du soleil il ne reste plus qu’une sur-» face nue et solitaire. Mais, sur cette arène déserte, le voyageur» qui s’est senti le courage de la gravir contemple avec admi-» ration le magnifique panorama qui s’offre à ses regards ;» au delà d’Otompan, la chaîne majestueuse de la Matlal-» cuévé déroule du nord au sud ses belles vallées et ses co-» teaux couverts d’une éternelle verdure; au midi, les riches» campagnes de Chalco terminées par les monts de porphyre» qui servent de gradins au Popocatepetl, puis en tournant au» sud et à l’ouest, la vallée d’Anahuac avec ses grands lacs,» ses cités assises sur les eaux, effacées dans leur splendeur» antique par leur fiôre rivale, Mexico -Tenoclititlan, qui rap-» pelle, dans les siècles modernes, les derniers efforts de la» puissance des Nahoas . Au pied des deux pyramides du» soleil et de la lune s’étend tout un système de pyramides» plus petites { tumuli ), semblables à .ceux qu’on voit partout» dans l’Amérique septentrionale, de 9 à 10 mètres d’éléva-» tion. Ces monuments, au nombre de plusieurs centaines,» sont disposés exactement, suivant la direction des parallèles
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thèque de la Nouvelle-Orléans ; il y demanda communication de quelquesouvrages de littérature et d’histoire. On lui apporta le livre de Stephens et deCathervood sur les ruines du Yucatan . 11 n’avait jamais entendu parler de ce3grands édifices enfouis dans les profondeurs des forêts du Nouveau-Monde, etqui sont presque aussi vastes que les palais de l’Assyrie et de l’Inde . « Je fusenthousiasmé, dit M. Charnay lui-même, je relus dix fois, vingt fois l’ouvrage,et je m'écriai avec la conviction d’une grande œuvre à accomplir : J'irai là !» Lejeune voyageur tint parole, et le plus souvent, s’ouvrant un passage à travers lesjungles, photographia la plupart des vieux édifices du Yucatan . Son succès auprèsdu monde savant fut considérable. Les troubles du Mexique l'empêchèrentmalheureusement d’organis’er tout de suite une expédition pour continuer sesfouilles. Enfin, 25 ans plus tard, en 1880, l’ordre régnant au Mexique ,M. Charnay fut chargé d’une mission officielle; une subvention lui fut accordée,et celle somme fut bientôt triplée parla générosité d’un citoyen des Etats-Unis ,M. Lorillard. L’explorateur poursuit ses recherches avec persévérance et succès.Il a découvert plusieurs cimetières indiens dans les environs de Mexico , etexhumé des vases, des urnes, des crânes, au péril de sa vie, en butte auxvengeâmes des Indiens et aux rigueurs du froid dans des régions situées àplus de 4,000 mètres d’altitude. Les collections réunies par notre vaillant com-patriote enrichiront la science, et aideront puissamment à reconstituer l’histoiredes Toltèques et des Aztèques ,