21 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,
pressée de vivre pendant les mois si courts que lui gardel’été ; dès que l’on s’écarte des côtes, on marche en pleinesolitude ; partout un silence profond ; pas une maison, pasune âme. Le climat est de fer. Les beaux jours sont rares,même aux mois de juillet et d’août, et le brouillard les obs-curcit souvent. Le caractère du pays s’harmonise d’ailleursavec le ciel qui l’éclaire; les horizons sont pâles et sévères ;le soleil n’est pas fait pour eux. D’octobre en avril, la terrese couvre de neige, et les baies sont prises par les glaces.En février, la banquise de la mer de Baffin descend, entraî-née dans le sud par le courant polaire ; elle rencontre lescôtes de Terre-Neuve, s’v brise et forme autour d’elle undangereux écueil qui subsiste encore dans les premiersjours de juillet; d’énormes blocs de glace, connus sous lenom d'ice-bergs , viennent achever l’œuvre de la banquise;les uns s’échouent à l'entrée des havres et parfois les rendentimpraticables ; les autres restent en vue des côtes commepour en défendre l’approche, ou sont poussés vers le largepar le courant et par le vent. » X.,
Les pêcheries de Terre-Neuve et les traités.
Productions,
« .La chasse et la pèche font seules diversion à la
monotonie de l’existence. Cerfs caribous, lièvres, outardes,canards, perdrix, courlieus, poil et plume, le chasseur peuttout voir au bout de son fusil, s’il se sent assez de feu sacrépour faire sa trouée dans les halliers qui servent de retraitesau gibier. Le pêcheur n’est pas moins favorisé ; pour lui,Terre-Neuve est bien véritablement la terre de promission.En quel autre point du globe jouira-t-il du beau spectacled’un seul coup de seine ramenant jusqu’à dix mille harengs?Où verra-t-il ailleurs les homards grouiller sur le fond entelle surabondance qu’un équipage de canot en ramasseaisément de quatre à cinq cents en une heure à marée basse,et cela tout simplement à la main? S’il dédaigne commetrop faciles ces pêches miraculeuses, il trouvera le long de