78 LECTÜRES et analyses de géographie.binaison ingénieuse et savante, la rive américaine (on saitque le Niagara forme la limite des États-Unis et du Ca nada ) a été enclose de telle façon qu’on ne peut voir lachute que du Prospect-Parck , — prix d’entrée, 25 cents, -ou du Suspension-Bridge , prix du passage, encore 25 cents,Nous entrons dans le Prospect-Parck, et une avancée cir-culaire nous place soudainement en présence d’une desplus splendides merveilles de la nature. Sans un parapeten granit à hauteur d’appui, nous pourrions'toucher de lamain l’énorme masse liquide qu’une île, en forme de pro-montoire, Goat island (île de la Chèvre), divise en deuxparties inégales : la chute américaine de 900 pieds de largeursur 16 i de hauteur, la chute canadienne de 1900 pieds sur150, l’une et l’autre déversant par heure 1500 millions depieds cubes d’eau. Yoilà pour la statistique ; mais commentdonner une idée de l’imposante majesté d’un pareil spec-tacle? L*a masse verdâtre se couvre, en tombant, de scoriesbrillantes comme des soufflures de verre, et du fond del’abîme qu’elle creuse à une incommensurable profondeur,s’élève une vapeur blanche sur laquelle les rayons du soleildessinent des fragments d’arc-en-ciel. Chacune des deuxchutes se creuse par le milieu, la chute canadienne formantune immense cuve d’où la vapeur monte en nuages flocon-neux. L’esprit demeure anéanti à l’aspect de cette scènegrandiose, et les lèvres sont muettes. C’est tout au plus sil’on est choqué de la vue du moulin à papier qu’un indus-triel utilitaire a bâti dans une annexe de Goat island, etdont la haute cheminée fume à une vingtaine de mètres au-dessus de la chute américaine.
» Cependant le parapet de granit rouge, sur lequel nousnous appuyons, est couvert de plaques blanches rayées delignes noires. Ce sont des affiches du photographe de Pm-pect-Parck, et elles valent la peine d’être lues. Elles ap-prennent aux visiteurs que Prospect-Parck est le seul en-droit d'où l’on puisse avoir une vue complète du phénomène,.en insistant sur cette considération majeure qu’il leur im-porte de conserver un souvenir durable de leur visite, et,qu’à cet égard, ils ne pourraient rien trouver de plus satis-