96 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,près. Ajoutez à cela les 100 millions d’hectares des deuxCanadas et des provinces maritimes, les immenses éten-dues, encore inexplorées pour la plupart, de la terre de Rupert et du Labrador, au nord de la Hauteur-des-Terres,et l’on arrivera aisément au chiffre de 100 millions d’êtreshumains pour la population future de l’Amérique anglaisedu Nord. Si notre race maintient, vis-à-vis de ses rivauxAnglo-Saxons , les proportions numériques d’aujourd’hui,c’est une nation néo-française de 40 millions d’âmes quiprospérera un jour au nord des grands lacs et du 49 e paral-lèle, si môme, d’ici là, la loi mystérieuse qui préside auxmigrations des peuples ne déplace point l’équilibre au profitdo la race la plus féconde et la plus septentrionale. »
Taché,
Esquisses sur le Nord-Ouest.
(Passage cité dans l’ouvrage de M. de Lamothe, ch. xvii.)
Le commerce, la traite, les forts «lu llackcnsic.
C’est dans la partie comprise entre la mer Glaciale, la haied’Hudson et les Montagnes-Rocheuses que s’exerce l’industriedes fourrures.
« Le commerce de l’Athabaskaw-Mackenzie est exclusi-vement borné aux pelleteries. Ces fourrures sont celles ducastor ; des ours noir, jaune, gris et blanc ; des renards detoutes couleurs, jaune, blanc, noir croisé, bleu et argenté;du lynx, des martres, du vison, de la loutre, des loupsblanc, gris et noir ; du glouton ou carcajou 1 ; du pékan, de
1. Les animaux à fourrures disparaissent ou se multiplient suivant quondonne de leur peau en Europe , en Chine et en Amérique , un prix plus ou moinsconsidérable. La chasse et le trafic sont esclaves des caprices de la mode. Néan-moins certaines races d’animaux à fourrures ont été presque détruites. Le trap-
f icur est seconde dans son œuvre funeste par un auxiliaire plus rusé que l’hommeui*mème. Souvent le chasseur, se traînant sur la neige jusqu’à ses pièges, lestrouve renversés et vides. Le carcajou ou wolvérine a passé là. Cet animalglouton est la terreur des trappeurs dont il déjoue toutes les embuscades, etdont il accapare toutes les prises. Dès qu’on reconnaît les traces d’un carca-jou, la chasse est finie ; il faut retourner à sa hutte; la saison est perdue.MM. Milton et Cheadle, pour tromper le carcajou, imaginèrent un jour d’in-•troduire par un tuyau de plume de la stridinine dans les morceaux de viandequi devaient servir d’appâts ; lorsqu’ils allèrent visiter les pièges, ils s’aperçurentque tous les morceaux empoisonnés avaient été laissés de côté.