dl6 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Hurons dans la cravate d’un notaire ! O prosaïque civilisa-tion, voilà bien de tes coups ? Le grand chef actuel, anciencommerçant et excellent agriculteur, s’appelle, de son nomfrançais, ” François-Xavier Picard et, de son nom houendat,Taourenché (Le-Point-du-Jour) ; il appartient à la familledes Chevreuils. Son fils, Paul Taourenché ou Picard, dessi-nateur au ministère des terres de la Couronne à Québec , estné « tortue » du chef de madame sa mère et en vertu de larègle de filiation indiquée plus haut.
» Tous nos Hurons cependant n’en sont pas encore aunotariat et à la cravate blanche. Si, les jours ordinaires,l'habillement des hommes et des jeunes garçons du villageindien diffère peu ou point de celui de leurs voisins delàparoisse canadienne, leurs femmes se coiffent encore pourla plupart du mouchoir d’étoffe noire enroulé autour de latête, .au-dessus de laquelle elles rabattent en guise de man-tille une épaisse couverture de laine. Leur vêtement se com-pose d’un corsage à manches courtes et d’une jupe de couleursombre. Elles portent des « mitasses, » sorte de jambièresen peau d’orignal ou de caribou montant jusqu’aux ge-noux, garnis de piquants, de porc-épic, et rattachées à laceinture par des lanières de cuir. Des mocassins, souplechaussure en peau d’orignal, ornés de dessins en grains deporcelaine et de verroterie, complètent cet accoutrementbizarre, auquel, à défaut d’élégance, on ne saurait refuserle mérite d’une singulière originalité.
» Hommes et femmes paraissent vivre assez à l’aise duproduit des bois de leur « réserve » et de leur petite indus-trie locale. Ils fabriquent à demeure les larges « raquettes »que l’habitant , le coureur des bois et quelques sportsmencanadiens adaptent l’hiver à leurs mocassins pour faire delongues marches sur une neige épaisse et insuffisammentdurcie. Ils font aussi des paniers en bois de bouleau, des mo-cassins, des ouvrages en plumes, des costumes indiens, descalumets en bois, des tomahawks et toutes sortes d’autresarmes indigènes qu’ils disposent en trophées dans leurshabitations et qu’ils vendent aux étrangers ou aux mar-chands de curiosités. En outre, les hommes vont à la chasse,
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