172 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAl'HIE.et parmi les tableaux, le Régiment qui passe, de Détailla,que tout le monde a pu admirer au salon de 1875, à Paris .
» En face de la Maison-Blanche, sur les bords du Po-tomac, large en cet endroit de trois kilomètres, se dressedans un terrain vague, l’obélisque inachevé, dédié à la mé-moire de Washington ; d’après le projet primitif, ce monu-ment colossal devait s’élever à 600 pieds dans les airs ;mais il est douteux que ce plan soit jamais exécuté : lestravaux ont été arrêtés à la hauteur de 170 pieds. »
Six mille lieues en soixante jours,
« Au-dessous de la charmante ville de Carrolton, leMississipi fait un détour soudain, et tout d’un coup se dé-roulent à la vue cette triple ou quadruple rangée de navires,ces larges quais, ce vaste demi-cercle d’édifices auxquels laNouvelle-Orléans doit son nom poétique de Crescent-City(cité du Croissant). Sur la rive gauche, les bateaux à vapeurrangés en ordre comme une façade de hautes maisons àtriple étage, les grandes jetées en bois encombrées déballésde colon, de boucauts de sucre, de barils de farine, lequai tout couvert de voitures et de charrettes bondissantsur le pavé, enfin ce croissant de maisons qui s’étend surune longueur de 10'kilomètres et disparaît derrière unepointe de sable et de forêts, tout cet ensemble offre unemagnificence qu’aucun autre port du monde ne sauraitégaler. Londres même et Liverpool, ces deux ventriculescommerciaux du monde, ne peuvent être comparés à laNouvelle-Orléans sous ce rapport, puisque les navires ysont en grande partie enfermés dans les docks, véritablescours intérieures qui ne présentent aucune vue d’ensemble.
» Bien que la Nouvelle-Orléans soit située à 180 kilom. enamont de l’embouchure, la hauteur moyenne de la ville estde 3 mètres seulement, et dans les faubourgs les pluséloignés du fleuve, le sol bas et spongieux est presque dé-primé jusqu’à la ligne du niveau de la mer. Avant 1727,