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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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MEXIQUE . 271

seaux d’où s’exhale une odeur nauséabonde, on y jette duchlorure de chaux ; aussi les zopilotes encombrent-ils moinsles rues qu’autrefois. La quantité de ce genre de vautoursest incroyable. Les ruisseaux, les terrasses des maisons, letoit des églises fourmillent de ces hideux bipèdes. Leurphysionomie est repoussante, leur plumage lugubre, leuroffice dégoûtant. Ils dévorent les immondices et les ca-davres des autres animaux avec une voracité inouïe. Lamunicipalité protège leur existence par une amende de75 piastres infligée à quiconque tue un zopilote 1 2 .

» La population est estimée à 12000 âmes. La plupartparaît sortir de l’hôpital 3 ou semble avoir besoin d’yentrer : on voit qu’elle habite la capitale du vomito. Cettemaladie règne généralement du mois de mai ou juin jus-qu’au mois d’octobre. Avec des précautions on peut abor-der et traverser Yera-Gmz toute l’année, sans danger de laprendre. Le vomito n’est pas toujours mortel, et ne revientplus une fois qu’on est guéri.

» Sous les Espagnols, Vera-Cruz était beaucoup plus con-sidérable : aujourd’hui l’herbe croît dans les rues. La ville,éclairée au gaz, est traversée par un chemin de fer améri-caiù. Malgré les trois semaines que je venais de passer sousles tropiques, je trouvais la température de ce port égaleà celle d’un four dans lequel on va mettre du pain. Il faut

1. « Les zopilotes mènent une existence très heureuse ; à l’époque seulement» où l'on badigeonne les monuments, on les écarte en tirant des pétards, pour» protéger de leurs souillures la peinture encore fraîche; choyés et gâtés, Us se» multiplient tellement que l’alcade décida un jour des hécatombes : on en tuaa des milliers, mais ils me paraissent avoir comblé déjà les vides faits dans leur» république.» (P. et G. Verbrugghe, Promenades et chusses dans l'Amériquedu Nord , 1879.)

2. « O qui me surprenait le plus dans mes courses à travers la ville, c’était» l’air maladif des habitants. Il n’y a guère à la Vera-Cruz que les Indiens qui» soient bien portants. Tous les Européens, et même beaucoup de Mexicains de» l’intérieur, ont un visage livide et une démarche lente comme des convnles-» cents. Tons les Français que je rencontrai me parurent des gens déjà morts et» revenus sur la terre pour y mourir une seconde fois. Le climat de ce pays est» épouvantable. Il tue comme un poison des Borgia . Jamais je n’ai ressenti une» chaleur plus étouffante, respiré un air plus lourd, plus malfaisant que sur cette» plage horrible. A Vera-Cruz, rien ne résiste au climat. Les fers sont rongés en» deux ans. J’ai vu des barreaux de croisées en gros fer; ils étaient déchirés,» perforés, comme s’ils eussent été calcinés. L’air empesté de ce pays détruit

» tout : hommes, végétaux et animaux. » (Alfred de Valois : Mexique , Havane,et Guatemala.)