ses dômes et de ses clochers et le développement de sonenceinte. Mais, lorsqu’on a parcouru ses principales rues,visité ses vingt-huit églises et ses palais particuliers, pénétrédans les collèges et les institutions de toutes sortes qui ladistinguent, on reconnaît que c’est bien là la cité reine dol’isthme, la plus belle de toute l’Amérique espagnole, aprèsLima et Mexico .
» Ses véritables monuments, cependant, sont ses églises,qui appartenaient autrefois à des ordres religieux, et quiont absorbé, depuis sa fondation, le plus clair de la richessedu pays. Construites presque toutes dans de grandes pro-portions,, et assez solides de murailles pour résister auxtremblements de terre, elles rappellent, par leur nombre etleur style, la physionomie générale d’une ville italienne. Lacathédrale surtout porte ce cachet italien dans son orne-mentation intérieure comme dans les grandes lignes de safaçade, et elle écrase de sa masse et de sa coupole les palaisà arcades, mais sans étages, qui forment les trois autrescôtés de l’immense place centrale 1 2 . Cependant ces palais %malgré leur simplicité d’apparence, motivée dans le principepar la crainte des tremblores, remplissent parfaitement leurdestination de servir aux différents services du gouverne-ment, de la justice et de la poste. Ce système meme d’unrez-de-chaussée, encadrant une vaste cour à galeries n’em-pêche ni l’ornementation des fenêtres et des frises, ni le luxede l’ameublement, et il se prête à un genre de beauté trèsapproprié au climat, celui des bassins entourés de jasmins,de magnoliers et d’orangers qui rappellent les résidences
1. Elle n’a pas moins de 193 mètres de long sur 1C5 de large.
2. b L’hôtel des Monnaies (à Guatemala ) est un grand bâtiment, et c’est tout» ce que j’en puis dire. On y frappe quelques piastres, quelques onces, et on y» timbre toutes les rognures de piastres qui courent dans la République sous la» dénomination de réaux et de cuartillos. Les Espagnols , pour retenir l'argent» dans le pays, avaient fractionné leurs piastres en huit, en seize et en trentc-» deux parties. Les Guatémaliens ont conservé ce système, et leur monnaie est» bien la monnaie la plus détestable que l’on puisse imaginer. Leurs martillos,» leurs medios, leurs réaux présentent toutes les formes : ils sont ronds, carrés,» triangulaires, effilés, ovales et capables de déconcerter par leurs figures tous» les géomètres du monde civilisé. lien résulte un grand embarras pour compter» ces diverses pièces, qui sont très faciles à falsifier, malgré la petite estampille* qu’on leur appose à l’hôtel de la Monnaie. » (A. de Valois : Mexique , Havane ,Guatemala .)
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