Buch 
L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
Entstehung
Seite
287
JPEG-Download
 

28 ^

AMÉRIQUE CENTRALE .

mauresques. Aussi les rues qui aboutissent à la place nemanquent-elles ni d’élégance ni de confort. On sent qu’il ya là une population riche de vieille date, habituée à la viecomplète, également soucieuse de plaisirs et d’affaires, etaccessible à toutes les préoccupations intellectuelles, bienque vouée en général au commerce. Peu de villes comptentun aussi grand nombre de voitures particulières. On lesaperçoit remisées sous la porte cochère, et leur possessionne suppose que l’aisance. Il y a d’ailleurs des hôtels pourtous les goûts comme en Europe . On commence même, de-puis quelques années, à y bâtir des maisons à un étage,garnies de vérandas, et l’abondance des eaux y est telle quechaque maison en est pourvue pour ses besoins et ceux deson jardin, et que leur excédent forme encore des ruisseauxintarissables au milieu des rues.

» Guatemala serait donc, en somme, une ville trèsagréable à habiter, s’il y avait des environs, une campagne,quelque chose qui reposât le regard des murs blancs et deslignes uniformes de ses calles. Son climat même, trop vanté,y gagnerait un peu plus de fraîcheur au milieu du jour etpeut-être un rafraîchissement moins subit vers le soir. Ceclimat, comme celui de Costa-Rica , passe pour réaliser l’idéald’un printemps éternel. Le thermomètre s’y maintient, eneffet, entre les deux extrêmes de 7 et de 29 degrés centi-grades, on n’y connaît donc ni le froid proprement dit, nila canicule accablante du mois d’août à Paris . Mais nousavons vu que le vent du nord y sévit, de novembre à mars,avec assez de vigueur pour déterminer un pèlerinage enmasse vers Escuintla 1 . Ce vent qui ne rencontre .aucunobstacle sur son chemin, se combinant avec un rayonnement

1. Escuintla est une ville de o 000 âmes, entourée de bouquets de cocotiers.

* C’est le Wiesbaden de Guatemala, l'Elysée de sa colonie européenne et le

» centre de réunion de son aristocratie pendant les mois de janvier et de fé-

o vrier. Couchée au pied du volcan, et entourée de nombreuses haciendas de

» café, de sucre et de bétail, elle jouit à la fois d’un climat délicieux, d’une sa-» lubrité parfaite et d une abondance d’eaux sans égale. Ce sont ces eaux qui

* ont fait sa célébrité et qui lui attirent tant de visiteurs. Aussi toutes les

» grandes familles viennent-elles s’installer à Escuintla, _ dans la première

» maison venue, fut-elle de cannes ou de chaume, pour y fuir les vents du nord» qui refroidissent le plateau, et pour y prendre des bains de rivière aussi» agréables que salubres. » (Félix Belly, ibid.)