334 LECTURES IST ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,bien-être, ils ont seulement à lutter contre les causes géné-rales de maladies inhérentes au climat et à la nature dusol. Quant aux Européens, tous employés ou militaires, ilsvivent dans des conditions relativement favorables 1 .
» La classe ouvrière, composée de travailleurs attachésà la terre, créoles, noirs ou métis, noirs provenant d’Afrique ,Indiens, professe le plus profond mépris pour les règles lesplus élémentaires de l’hygiène. Cependant il y a une diffé-rence à établir entre les travailleurs libres et les immigrantsengagés pour plusieurs années. Le propriétaire du sol luttecontre l’apathie ou l’ignorance de ces derniers, choisit pourl’emplacement de leurs cases l’endroit le plus salubre;veille à la construction de ces cases. Leur nourriture estfixée par un règlement administratif, à l’exécution duqueldes agents spéciaux tiennent la main. Elle est conformeaux goûts et aux habitudes de ces travailleurs...
» ... Les autres ouvriers, noirs ou métis, sont en généralmal logés. Partout où le noir est libre de se construire unecase, il l’établit le plus souvent dans un endroit écarté, prèsd’un cours d’eau, et au milieu d’arbres et de bananiers, quientretiennent sur le sol une humidité constante. Cette case,construite en planches mal jointes ou avec des gaulettes,n’a pas d’autre plancher que le sol nu ; parfois un lit, maisle plus souvent des planches sur deux tréteaux ou une simplenatte étendue sur la terre, voilà l'ameublement de lacabane : le hamac, si commode et hygiénique, est peu em-ployé par le noir.
» Les cases mesurent en moyenne quatre à cinq mètresde côté et sont divisées en deux pièces ; celles-ci, séparéesl’une de l’autre par un cadre garni d’étoffe, n’ont commeouvertures que la porte et une petite fenêtre que l’on fermehermétiquement le soir. C’est là qu’habite pêle-mêle unefamille, souvent nombreuse. L’atmosphère intérieure estviciée de plus par la fumée de la cuisine; l’air n’est renou-