deux cratères du volcan de Picliincha, cette ville domine lescours d’eau et les grands bassins des deux versants qui des-cendent dans le Pacifique et dans l’Atlantique. Parmi leshautes collines qui l’entourent, la principale est le Panac.illo ,où l’on voit encore les ruines du temple du soleil. En face, ettourné vers le levant, s’élevait celui de la lune, construitprécisément à la place qu’occupe aujourd’hui la chapelle deSaint-Jean-l’Évangéliste.
n II suffit de songer à cette situation de Quito , accrochée,pour ainsi dire, aux flancs d’nne montagne, pour se faireune idée de l’irrégularité de ses rues. L’usage des voitures yest absolument impossible, et l’on se demanderait commentles indigènes ont choisi, pour y fonder leur capitale, unlieu qui semble mieux approprié à la demeure des aigles etdes chamois, si l’on ne savait que les premiers quiténiensdurent se préoccuper fort peu des obstacles qu’un site sem-blable apporterait un jour cà la circulation et aux transports.Plus d’un avantage compensait cet inconvénient, assez légerd’ailleurs pour d’agiles Indiens : par exemple, la positionstratégique qui était d’une si grande importance. Il est eneffet aussi facile de descendre de la ville, à l’aide des coursd’eau navigables, pour envahir d’autres régions qu’il seraitdifficile aux nations voisines de venir attaquer les habitantssur les hauteurs où ils sont retranchés ; la violence des cou-rants que l’ennemi aurait à surmonter avant d’atteindre laCordillère orientale suffirait seule à le mettre en déroute.
» Mais aujourd’hui ce sont là des considérations de peude valeur, et pour les bons Quiténiens qu’aucun ennemi nemenace, il est dur d’avoir toujours à monter et à descendreà pied ; le luxe d’une voiture, je dirai même d’une charrette,leur est tout à fait inconnu, et lorsqu’ils viennent à sortirpour la première fois de leur pays, ils éprouvent à la vued’un de ces véhicules une surprise non moins grande quecelle des Péruviens lorsqu’ils entendent gronder le tonnerre.
» La difficulté des communications entrave le commerce.Quito est une ville triste, sans industrie, et peu avancée encivilisation. Ses rues sont presque désertes dès huit heuresdu soir, il ne s’y est jamais établi ni théâtres, ni concerts,