sur le coin de terre qui, depuis longtemps leur sert, tour àtour, de champ de culture et d’arène.
» Le premier habitant du Pérou était rautochthone. Or,il y a peu d'indiens sur la côte, .et il n’y en a pas du tout àLima ; nous y trouvons seulement des cholos, des chinos-cholos et d’autres métis ; les purs Indiens sont dans l’inté-rieur du Pérou où la race indigène, quoique décimée, a sur-vécu à tous les cataclysmes.
» L’Indien a été remplacé sur sa terre par le blanc, quis’est en apparence très bien acclimaté au Pérou . Nous disonsen apparence, car cet acclimatement n’a guère donné debons résultats qu’après le mélange des races. Les famillesde sang complètement blanc commencent généralement àdépérir à la troisième génération et s’éteignent dans un in-curable rachitisme.
» Le créole, dans toute sa force, est un être singulière-ment sympathique, malgré bien des défauts. De race espa-gnole, il est né grand seigneur, il veut l’étiquette républi-caine et des institutions monarchiques. Qu’il porte ou nondes titres de noblesse, il restera toujours grand d'Espagne ;il ne sera jamais ni manœuvre, ni commerçant, ni indus-triel. S’il s’occupe d’entreprises minières ou agricoles, ildirigera ses ouvriers à la cravache, au sabre, au revolver ;il établira dans son domaine le principe du bon plaisir, leféodalisme absolu; il n’admettra jamais l’immixtion du gou-vernement dans ses affaires. Cette activité souvent illégaledans la forme, mais utile à la production du pays, constituel’exception, car le penchant naturel du créole le porte aufar nïente; dans ce but, il veut être employé, fonctionnaire 5la plupart du temps militaire. Telle est la raison du grandnombre d’officiers supérieurs de l’armée péruvienne , quicompte un colonel pour six simples soldats. Causeur, il par-lera de tout ce qu’il sait et de ce qu’il ne sait pas. Il parleraindustrie sucrière, cotonnière, élève du bétail, culture de lacoca, chevaux, mules, moutons, philosophie transcendante,théologie, vie parisienne, travaux des mines, entreprises dechemins de fer, histoire péruvienne (qu’il appellera volon-tiers romaine) ; il critiquera amèrement son pays, sa ma-
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