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L' Amérique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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AMERIQUE DU SUD. 445

hauteur, souvent vingt, trente mètres et au-delà. Les ou-vriers, disposés sur des gradins, abattent à la pioche lamatière friable, pulvérulente. Elle tombe librement au pieddes tailles, oii on la charge à la pelle dans des brouettes.Elle est ensuite apportée dans des wagons analogues à ceuxde nos grands terrassements. Les wagons roulent sur desvoies ferrées qui vont des carrières à la mer. Les naviresattendent leur chargement au mouillage, devant les car-rières elles-mêmes. Des porteurs, puisant au tas amonceléau bord de la mer, viennent jeter le guano à fond de cale,corbeille par corbeille. Souvent, pour ne pas faire de jaloux,les corbeilles sont distribuées également à chaque navire,et je laisse à juger le temps qu’il faut pour compléter unchargement.

a Ajoutons que le séjour des îles est intolérable. On n’yvoit que du guano, et l’on devine quelle mauvaise odeur,quels miasmes empestent l’air. Heureusement que la terrefortunée du Pérou n’est pas loin, et que les capitaines, enattendant de remettre à la voile, peuvent aller oublier àPisco, voire à Gallao ou à Lima , les désagréments desChincha. Jusqu’ici on n’a trouvé que les Chinois qui aientconsenti à fouiller le fumier péruvien . On a parlé, dans l’an-tiquité, des condamnés aux carrières. Leur supplice étaitmoins grand que celui des terrassiers des huaneras. Lapoussière, l’odeur sont capables d’asphyxier un novice. 11est impossible, pour qui n’y est pas habitué, de s’arrêterune heure devant les exploitations. Vous avez beau mettreun mouchoir sous vos narines, et vous munir de toutes lesessences de l’Orient, rien n’y fait. L’odeur pénétrante del’engrais minéral l’emporte, et de plus une poussière jaune,saline, s’étale avec complaisance sur votre visage et survos habits. Honneur donc à ces braves Chinois qui, malgrétous ces détails dégoûtants, ont consenti à travailler surces carrières 1 . » L. Simonin,

Les îles Chincha.

[Tour du Monde, 1868, Haehetlo.)

1. Le gouvernement péruvien a tiré du nitrate de soude, dont il s’était adjugéen 1873 le monopole, un revenu annuel moyen de 22 millions de francs, au prix

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