cl de 5 goëlellos à voiles. — Budget : en 1879, la recette s été : pour laGuyane anglaise, de 390 000 livres sterling; la dépense de 388 000 ; la detteest de 305000 ; — pour la Guyane française: recettes, 1200 000 fr.;dépenses, 1 100 000 fr.
NOTIONS HISTORIQUES SUR LA GUYANE FRANÇAISE .
Christophe Colomb'aborda à la Guyane , le 1 er août 1498, pendant sontroisième voyage; mais Vincent Yanez Pinçon fut le premier qui en explorales cotes, en 1500. La croyance à l'existence d’une ville merveilleuse, gou-vernée par un souverain couvert d’or (El Dorado), entraîna au seizième et audix-septième siècle une multitude d’aventuriers dans ces parages. Les pinsillustres furent' Walter llaleigti, Laurent Keimis, Ch. Leigli et RobertHarcourt. La légende n’était pas encore détruite au dix-huitième siècle,et le gouverneur Claude d'Orvilliers envoyait, en 1720, une expé-dition à la recherche de l’Eldorado 1 . «Aussi bien, écrit M. Galîarel, un» trésor existait et existe encore à la Guyane . C’est même un trésor iné-» puisable, l’agriculture. Dans cette terre féconde poussent à l’envi les» productions de toutes les zones. Baume, essences, bois précieux, fruits» et céréales, ce sont là les trésors d’un Eldorado réel que tous peuvent» conquérir par le travail; mais bien des siècles se sont écoulés avant» qu’on ait compris celte vérité économique, et la Guyane a été long-» temps la terre classique des déceptions, des mésaventures, des dc-» sastres même. En effet, depuis le commencement du dix-septième» siècle, toutes les ébauches de colonisation tentées par l’État ou par des» particuliers ont misérablement échoué. Les rigueurs de la déportation» et des bagnes ont encore augmenté le sinistre renom de la Guyane qui» reste, à l’heure actuelle, la plus discréditée et la moins peuplée de nos» colonies. Elle coûte plus qu’elle no rapporte, et par un contraste qui» n’est pas en notre honneur, ses voisines, les Guyanes hollandaise et» anglaise, sont en pleine prospérité. » (Les colonies françaises .)
Un gentilhomme poitevin, La Ravardière, fut chargé en 1604 parHenri IV, de rechercher les moyens de coloniser la Guyane . 11 explora lepays et donna une réponse favorable; la mort du roi"ajourna le projet.Trois compagnies fondées en 1620, 1633, 1643, échouèrent successivement.La dernière avait parmi ses associés un sieur l’oncet de Brétignv qui sefit liaïr des Européens et des indigènes par ses folles cruautés. On rapportequ’il faisait marquer au front ou sur la paume de la main, avec une estampede fer rougi, où s’entrelacaient ses initiales, les malheureux coupablesd’avoir fait de mauvais rêvés. Il fut massacré. C’est à ce fou furieux qu’ondoit la fondation de Cayenne . La compagnie des Douze Seigneurs, établie
1. On peut lire dans le Monde enchanté, de M. Ferdinand Denis , de curieuxdétails sur l’El-Dorado, et les folies de ces aventuriers cupides, à la recherched’une cité fantastique qu’ils ne découvrirent'jamais. — M. Jules Crevaux » suppose que c’est l’existence de grottes formées par des roches micacées qui» a servi de base à la légende de l’Eldorado, 1 Homme Doré, s’enduisant les che-» veux et le corps, non de paillettes d’or, mais de cette poussière que tout le» monde connaît sous le nom de sable d’or, ou or des singes, Dans leurs récits» fantastiques, les Indiens confondent les paillettes de mica avec l’or. Qnelques-» uns d’entre eux, exaltés par des liqueurs spiritueuses et pressés par des. voyageurs avides du métal précieux, auront raconté que l’Homme Doré vivaitb dans un palais dont les murailles étaient d’or massif. L illusion des explora-u teurs s’évanouira quand ils verront qu’il s’agit simplement d une grandeb excavation, d’une véritable grotte dont les parois sont formées de roches rni-, c-acées. »