AMÉRIQUE Bu SUD. 473
l’opinion publique n’a pas cessé de raiifier celte sentence; et les échecsdes expéditions de ltessner, en 1767 et 1773, de Villebois en 1788, leseffroyables souffrances des victimes du 18 fructidor et de l’arrêté consu-laire du 14 nivôse (4 janvier 1801), jetés sur les rives du Sinnamari, ledésastre des colons de la Nouvclle-Augoulême en 1823, enfin les odieusesdéportations des_ proscrits politiques de 1852 qu’on dirigea de Lambessasur Cayenne , pêle-mêle avec des forçats, |ont grandi encore la lugubrecélébrité d’une colonie qui vaut mieux que sa réputation, et n’a besoinque de colons laborieux, dirigés avec suite et prévoyance, pour devenirun de nos plus riches et de nos plus féconds établissements français d’outre-mer. (V. plus bas, page 470.)
î° EXTRAITS ET ANALYSES
Cayenne.
« Vue à vol d’oiseau, la Guyane apparaît comme unemer de feuillage. C’est l’expression la plus complète de lapuissance de la sève tropicale. A part quelques contre-fortséloignés de la grande chaîne des Andes, qui coupent à angledroit les rivières et en interrompent le cours navigable à unevingtaine de lieues de leur embouchure, la Guyane est unpays de plaines, d’où s’élèvent quelques sommets isolés,semblables à des îles sortant de la mer.
» L’aspect de Cayenne , vue de la rade, est des plus pit-toresques. Ces montagnes verdoyantes, ces bouquets depalmistes et de cocotiers qui s’emmêlent aux maisons, laforme des édifices, la bordure de palétuviers qui termine lepanorama, tout cela réalise l’idée qu’on se fait d’une villecréole. Quand on descend à terre, l’impression est encoreplus complète. Maisons et population sont à l’avenant. Lesvitres sont inconnues et les appartements sont défenduscontre le soleil et la pluie par des galeries extérieures fer-mées de nattes vertes et de jalousies mobiles qui laissent lar-gement circuler l’air. Les rues larges et médiocrementpavées, sont couvertes, en été, d’une poussière rouge, fer-
d’abus de pouvoir par Chanvalon, il fut, lui aussi, mis à la Bastille. Quand ilen sortit, le ministre lui offrit au nom du roi une pension de 12 000 livres. « Jeremercie Sa Majesté, répondit Turgot, mais je ne puis accepter une pensionque vous ne m’avez pas laissé le temps de mériter. » Il vécut ensuite dans uneretraite obscure, et, en mourant, recommanda à ses enfants de ne pas laia crfaire l’éloge de leur père.