AMÉRIQUE RU SUD. 509
truches des parties encore inhabitées, se précipitent endésordre pour échapper à l’orage. Ils croient pouvoir sesauver, mais ils se trompent. L’orage va plus vite queleurs jambes, il les devance, et bientôt ils sont au milieu dela tempête qui se déchaîne sur eux. Les animaux s’arrêtentalors, comprenant leur impuissance à lutter. Ils tournentle dos à la tempête et la laissent passer en s’abandonnant àleur sort. C’est un spectacle comique de voir immobiles descentaines de ces animaux inondés, les oreilles pendantes etle corps ruisselant. Ils attendent jusqu’à ce que le nuagecrevé soit passé, et le nuage passe ordinairement aussipromptement qu’il arrive. En une demi-heure tout est fini.Le soleil reparaît encore plus clair «avant son coucher. C’estordinairement après cinq heures que ces pamperos se dé-chaînent sur les pampas , avec leur accomp.ngnementd’éclairs enflammés et de pluies diluviennes. »
Certaines parties de la pampa ont un gazon épais et courtassez semblable à celui de nos prairies européennes. Mais cesont des accidents locaux ; la vraie pampa n’a pas de verdure.
« Cependant les lagunes sont très communes dans lapampa du sud-est, principalement dans la province deBuenos-Ayres , où on les compte par centaines. Ce sontdes cuvettes plates, faibles dépressions du sol, dans les-quelles l’eau de pluie se rassemble, et qu’elle transformeen bassins. Ces bassins, dont quelques-uns seulement ontune étendue comparable à celle d’un petit lac, doivent leurorigine à l’imperméabilité du sol. La marne diluvienneî plastique et assez dure, qui atteint ordinairement une épais-seur de quarante à soixante pieds et constitue le sol despampas , ne laisse point filtrer les eaux. Celles-ci se réu-nissent dans les dépressions, où elles restent stagnantesjusqu’à ce que l’évaporation en abaisse peu à peu le niveau,ou les assèche entièrement, ce qui est le cas de beaucoupde petites lagunes. L’eau entraîne naturellement les partiesterreuses et légères de la surface du sol au pourtour deslagunes. Telle est l’origine de la vase noirâtre qui forme le