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paraît nullement. Les poules et les oiseaux de basse-couren sont fort avides. Cette nourriture communique momen-tanément à la chair de ces oiseaux un mauvais goût, et lesœufs mômes des poules ne valent rien alors.Il est diffi-
cile d’expliquer pourquoi les sauterelles paraissent uneannée et pas l’autre ; pourquoi elles vont cette fois dans unsens, et l’autre lois dans un sens contraire; pourquoi enfin,lorsqu’elles ont déposé leurs œufs, on n’a pas toujours uneinvasion au môme endroit l’année suivante. Rien de capri-cieux comme la naissance et la marche de ces insectes, quisemblent naître dans les endroits déserts pour venir tout àcoup envahir les lieux peuplés. Ainsi l’on ne voit point d’or-dinaire la sauterelle se développer ; elle arrive déjà grande,et commence ainsi, de proche en proche, ses ravages, mar-chant toujours en avant, et n’abandonnant le pays quelorsqu’il n’y a plus rien à dévorer. »
Docteur Martin du Moussy 1 ,Description de la Confédération argentine.
Comme remèdes ou palliatifs, on s’ingénie à détruire lesœufs, qui d’ailleurs se perdent pour la plupart d’eux-mêmes,sans quoi le pays serait inhabitable; on essaie d’effrayer lessauterelles au moyen de grands feux et d’épaisses fumées, enjetant du sable en l’air, en faisant du vacarme sur leur passage.Mais les essaims se renouvellent avec une telle abondance, que lapatience et les forces humaines s’épuisent devant le fléau. Lesol est d’ailleurs d’une si merveilleuse fertilité, que la végéta-tion reprend avec vigueur après le passage des sauterelles ;mais la perte des fruits est irréparable. La vraie, manièred’extirper le fléau, ce serait de faire disparaître le désert dont
1. M. Jean-Antoni 11 -Victor Martin de Moussy, voyageur et médecin français ,né à Mi)U 3 sy-le-Vieux (Seine-et-Marne ), le 26 juin. 1810, mort a Bourg-la-Eeinele 28 mars 1869, a, pendant un séjour de dix-huit ans (13o0-i8o7} dans lebassin de la Plata, exploré dans tous les sens la République argentine . Sonprincipal ouvrage, publié en 1861-1869, est te résultat de ses laborieusesrecherches. Aux trois volumes est joint un magnifique atlas compose de trenteplanches et précédé de notices dont M. Bouvet, pendant la maladie et apres lamort de M. de Moussy, a dirigé et achevé la publication.