8
Recueil
n
IC«
Avant 1699.
O R LOG E
QUI VA
PARLE MOYEN DE L’EAU?
INVENTÉE
PAR M. PERRAULT?
DE L’ACADÉMHv ROYALE DES SCIENCES.
des Machines
les entailles de la roue de compte : pour lors la cheville c sedégage de la coche d , qui retenoit la roue de sonnerie I ;cette roue sur laquelle tombe seau dirigée par le tuyauR,tournera toujours jusqu’à ce que la pointe e du levier ren-contre une entaille : & toutes ces pieces étant retenuespar la détente, le poids de seau ne sauroit faire aller lasonnerie íì elle n’est détendue par la roue des minutes.
N°. u- Avant 1699.
MACHINE
POUR
EMPÊCHER QUE LES GROS CABLES
C Ette machine est la même que la précédente,mais augmentée & plus détaillée par M. Perraultlui-même; & elle a été dessinée d’après une grande Hor-loge effectivement exécutée.
Planche La cage A B C D est de fer ; la face postérieure AB estII. recouverte d’une plaque de cuivre fur laquelle le cadranest tracé. Cette machine peut marcher par le moyen dubalancier, ou avec une roue ; en ce dernier cas c’est unesimple roue à godet E qui mene le mouvement. L’on aune conduite F qui vient de quelque source, & qui four-nit de seau aux endroits GH : alors la roue E, si l’on fe sertdu balancier, fera la roue de sonnerie , dont il seraparlé dans la fuite. Ce balancier est formé par une caisseL, que l’eau qui tombe de la conduite F fait mouvoir,Fig. II. comme dans la construction précédente. L’axe M tailléen couteau fe meut fur des supports composés de la mêmefaçon. A cet essieu est attachée la fourchette N,dans la-quelle le pendule passe à l’ordinaire.
Pour que le mouvement de l’essieu qui soutient la caissefasse aller le rouage, il y a au bout de l’essieu opposé à ce-lui auquel la fourchette est attachée, un petit crochet enpied de biche qui obéit d’un côté, ôc demeure ferme deî’autre, ôt pousse une des dents du rochet O à chaquevibration. Le crochet en pied de biche & le reste de l’ef-sieu font marqués par des lignes ponctuées , parce queces parties font cachées. Au centre du rochet O est unpignon qui engrene dans le rouage placé derriere la pla-Fig. I. "que P • si le mouvement est mené par la roue E, c’estalors un pignon fixé à son arbre qui engrene dans le rouage ;mais il faut toujours un balancier pour régler l’horloge.
L’eau de la source est dirigée sur la roue E par le petittuyau Q; cette eau ne fe perd point d’abord , car elle tom-be dans une cuvette demi-ronde, qui emboîte la roue àfa partie inférieure ; cette cuvette est garnie d’un secondtuyau R , qui en dirigeant seau dans les godets de la se-conde roue I posés en sens contraire de ceux de la roue E,le fait tourner, mais d’un sens contraire à la première.Cette même roue est aussi enfermée dans une cuvette; elleest garnie de chevilles, qui servent à faire mouvoir le mar-teau , & à le faire frapper sur la cloche autant de coups quela roue de compte lui permet; cependant l’eau après avoirfait mouvoir ces roues fe perd par le tuyau S fixé à la grandecuve où est attachée la cloche.
Le mouvement fait partir la sonnerie par le moyen d’unedétente TVX placée derriere la roue des minutes, quiporte une cheville. Cette détente a aussi un pied de re-tenue X Z qui retient la roue Z, à laquelle est sixée la rouedécompté. A ce pied de retenue tient une seconde détenteFig. III. Y a qui porte une cheville c, dont Tusage est de retenirJa roue de sonnerie. L’on conçoit donc que la roue decompte qui est menée par des roues que la roue de sonnerieI sait mouvoir, tend toujours à tourner, & que la chevillede la roue de minute venant à rencontrer la détente T V,dégage en même-temps le pied de retenue X Y, qui en s’é-levant élevé aussi le levier Y a, dont la pointe entre dans
DES ANCRES
NE SOIENT FACILEMENT ROMPUS;INVENTÉE
PAR M. PE R RAULT,
DE L’ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES;
C En’est pas fans raison que l’ancre est le symbole del’espérance, puisque souvent c’est de cet instrumentque dépend le salut d’un Vaisseau : & c’est pour cela qu’onapporte tant de soins à bien forger les ancres pour les ren-dre fortes, & qu’on les attache à des cables d’une grosseurprodigieuse, pour les rendre capables de résister aux effortsterribles que ia pesanteur énorme d’un vaisseau qui est enbranle fait ordinairement pour les rompre. Ces cables ce-pendant qui font d’une très-grande dépense, &: d’un étran-ge embarras, ne se trouvent le plus souvent pas assez forts,& ils pourroient être moins gros ôt moins sujets à êtrerompus, si l’on apportoit les précautions que la mécha-nique peut fournir, & que l’on emploie utilement end’autres rencontres pour le même effet.
Comme il est constant que le principal effet des effortsqui fe font par le mouvement, dépend de fa vitesse , ils’enfuit qu’il n’y a point de moyen plus sûr d’empêcherson effet que de diminuer cette vitesse : l’expérience faitvoir qu’il' y a des choses qui bien que foibles ne lais-sent pas de résister davantage que d’autres plus fortes. Unballot de laine résiste à un boulet de canon qui perce unmur : le fait est avéré, & la cause n en est pas difficile àcomprendre, si l’on considéré que la maniéré différentedont le ballot de laine & le mur reçoivent le boulet, estcause de l’effet différent qu’il y produit: carie mur est rom-pu, parce que sa dureté fait que toute sa résistance s’op-posant d’abord à tout l’effort du boulet, c’est-à-dire, à toutson mouvement, il est nécessaire que le plus fort rem-porte : mais la masse du ballot, quoique moins forte enelle-même que celle du mur, résiste davantage à cause desa maniéré de résister, qui fait que d’abord elle ne s’oppo-se qu’à une partie du mouvement du boulet, qui ne sauroitêtre si peu diminué à l’abord, qu’il ne perde bien-tôt toutesa force, par la raison que la seconde résistance étant pa-reille à la premiere, & le second effort étant moindre quele premier, il arrive nécessairement que l’un cède bien-tôt à l’autre. Et c’est en cela que l’effort des choses pous-sées par des causes externes est diminué par des obstacles ,quoique foibles quand ils font réitérés, & que cela neleur arrive pas quand elles font remuées par une causeinterne, telle qu’est la pesanteur, qui demeurant toujours lamême, & surmontant toujours à. peu près les mêmesobstacles , tels que font ceux de l’air, ne reçoit aucunediminution dans la vitesse du mouvement qu’elle cause auxcorps qui tombent,
’ Ces