LIVRE PREMIER.
pour dorer l’ouvrage , elles ne peuvent pas estreemportées par le vent , & meíme l’on couche de
f dus grands morceaux à la fois. Çe qu’il faut ob-èrver , c’est de mettre les feuilles d édain íbus unor-couleur plus fort qu’on ne fait, pour appliquerles feuilles d'or.
Il est bon de íçavoir que fi par hazard a prés avoircouché de couleur à l’huile quelque quadre de Ta-bleau , ou autre chose qu’on voudroit dorer d'or mat,ons’aviíoitde le vouloir dorer d'or bruny, ilfaudroitfur les couches déja données à huile, en donner en-core une, íùr laquelle estant toute fraifche, on re-pandroit de la poudre, de la cendre, ou de laseieurede bois tres-fine, A lorsque cette derniere coucheseroit bien seche, la blanchir avec du blanc à dé-trempe , de la forte qu’il est dit cy - dessus pourfor bruny.
Il y a encore une maniéré de dorer qui n'est ny co ue*à détrempe ny à huile, mais l’Or qu’on y employéne le peut pas brunir comme à détrempe , ny aussiestre de durée comme à huile. Cela fe fait en méf-iant du Miel avec de seau de colle & un peu de vi -naigre qui sert à faire couler le Miel. On détrempele tout ensemble ; on en fait une couche, qui demeu-re grasse & glutineuse à cause du miel qui aspire for,
& qui Rattache fortement au corps, íùr lequel onle met. Cette maniéré de dorer n’est bonne quepour donner des rehauts ou hachures íur des tableauxà détrempe & àfraifque : & pour faire des filets íurdu stuc j Car si l’on en coucnoit de grands fonds,l’or viendroit à se jerser & à se fendre , parce que
P p ij