DE LA PEINTURE,
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CHAPITRE VII.
De§ différé nies maniérés de Colorier.
O N se sert de peu de Couleurs , lorfqu’on veutfaire un tableau dont toutes les Figures ne pa-roiísent que dune feule couleur, comme ce qui Rap-pelle Clair obscur , de l’Italien Ckiaro-fcuro • ou bienquand on veut imiter les Bas-reliefs de marbre, depierre ou de bronze. L’on voit à Rome, mefme dansles rues,A contre des maisons, plusieurs de ces fortesd’Ouvrages à Fraifque de la main de Polydore, & d'au-tres grands Peintres. Quand ces sortes de peinturesfont d’un Jaune rougeaítre, elles se nomment Cirage ,parce qu elles imitent la cire.
Toutes ces maniérés de peindre ne paroissiens sou-vent que dune seule Couleur, où sont observez lesJours, & les Ombres. Les petitsTableaux que l'on faitpour imiter les Basses-tailles , soit qu’ils fe fassent àfraifque soit qu’ils soient à Détrempe ou à Huile , Rap-pellent aussi quelquefois Camaïus , à cause qu’ils re-présentent ces sortes de pierres.
Il y a encore une autre maniéré de peindre deBlanc & Noir : mais qui ne se fait qu a Fraifque, Scqui se conserve à l’airjles Italiens la nomment Sgr^ffìno^qui veut dire Efgratigné , parce qu’en effet ce n’est pro-prement qu’un Dessein eígratigné, qui fe fait de la ma-niéré que je vais dire. On détrempe du mortier dechaux Sc fable à l’ordinaire, auquel on donne uneCouleur noirastre, en y mcílant de la paille bruílée. 1