LIVRE TROISIEME; 4 z 9
du feu, on les tourne à f entrée du fourneau , ils pren-nent une couleur rouge ; & c’est alors que les Ouvriersdilent qu ils les roug'JJent en les colorifant.
Les beaux rouges clairs íe font avec du cuivre calci-né , de la rouille d ancre de fer, de 1 orpiment, de forcalciné que l'on prepare, & que l'on met avec pro-portion dans le Fondnt qui íe fait avec du cristal , oudu caillou, ou de fagathe, ou de la calcédoine, du la-bié , & de la soude ou sel de verre, le tout avec lesproportions requises, dont je ne parleray point icy,parce que cela concerne la maniéré de faire les Emaux,& fart de la Verrerie qui embrasse plusieurs choies ,qui ne regardent point le présent Traité, où il n’estquestion que de peindre & de preparer les Couleursen Email , & non pas de la composition des ma-tières.
Quant au travail qui fe fait avec les Emaux épais &opaques, c’est à ces derniers temps & aux Françoisqu'on a f obligation de ces beaux Ouvrages qu’on voieaujourd’huy íùr for, où l’on fait des Portraits auísi-bien peints qu’à huile, & mefme des compositionsd’Histoires, qui ont cet avantage d’avoir un Vernix ôcun éclat qui ne s’efface jamais.
Avant fan i6;o. ces fortes d Ouvrages estoient en-core inconnu s, car ce ne fut que deux ans aprés, queJean Toutin Orfèvre de Chasteaudun qui émailloicparfaitement bien avec les Emaux ordinaires & transeparens, & qui avoit pour Disciple un nommé Crïbelin ,sestant mis à rechercher le moyen demployer desEmaux qui fissent des Couleurs mates pour faire di-verses teintes f se parfondre au feu, & conserver une
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