LIVRE TROÏSÏE'ME.^ ' 4 j,
vantage, il auroit peut-estre eu la gloire d avoir miscette lorte de travail dans fa derniere perfection.
Cependant ceux que l’on fait aujourd’huy íont sibeaux, que si les anciens pouvoient en avoir con-noiísance, ils auroient quelque jalousie, de nous envoir les Inventeurs, eux qui ont trouvé tant de choies,& qui ne nous ont presque rien laisse à chercher denouveau dans les Arts.
Ce travail pour estre dans íà perfection , se doit fai-re fur des plaques d’Or, parce que les autres métauxn’ont pas tant de pureté ; le cuivre s’écaille ôc jette desvapeurs, & l’argent jaunit les blancs. Car bien quel’Email s attache fur le cuivre rouge, ce n’est toute-fois qu’imparfaitemenc , estant aise à se fendre & à secasser : Et outre que les couleurs s’y tourmentent, ellesperdent mesme de leur force & de leur éclat, à cause( comme je viens de dire ) de l’impureté qui se trouvedans le cuivre.
Ces plaques d’Or doivent estre embouties , c’est-à-dire , un peu creuses d’un costé & relevées de l’autre -,c’est pourquoy on leur donne presque à toutes une fi-gure ronde ou ovalle; parce que si elles étoient pla-tes , l’Or se tourmenteroit au feu , & feroit éclatterl’Email. Il ne faut pas aufh qu’elles soient trop épaisses,c’est assez qu’elles puissent soutenir l’Email, qu’on metdessus, & dessous. On les fortifie seulement tout au-tour par un cercle qui a plus d’épaiíseur.
Lorsque la plaque est forgée bien égale par tout,on y applique dessus & dessous un Email blanc, quoyqu’on ne doive travailler qu un des costez; s’il n’yavoit de l’Email que d’un costé, il pourroit s’enfler