45i DE LA PEINTURE,vuides d’unede ces feuilles avec les morceaux qui sor-tent de l’autre , quand il ne s’agit que de faire des Mo-resques de deux fortes de bois.
Lorsque toutes les pieces font enleve'es, avec la stel’on donne l’ombre à celles qui en ont besoin, en lesmettant dans du fable chaud ou autrement, avec ladiscrétion nécessaire pour les ombrer plus ou moins.Ensuite on les plaque, chacune selon fa place, fur unfond d’autre bois, & on les y fait tenir avec de bonnecolle forte d’Angleterre. Pour faire les fonds onprend d’ordinaire du Sapin ou du Cheíne bien sec ,asm quïls ne fe tourmentent pas ; Et mefme Ionn’employe pas des pieces qui soient trop longues; LesOuvriers soigneux de faire un bon Ouvrage, cou-pent , & établissent leur fond de plusieurs pieces ,estant moins sujet à fe dejetter, que lorfqu’il est d’unbois long. Ils prennent aussi plutost du bois de me-rain, ou marain, que du bois de stage, parce que ce-luy-cy fe tourmente davantage que celuy de merain,qui estant fendu selon son fil ne fe tourmente pastant, c est pourquoy ils fe servent de vieilles douvesde muid.
Quand les mefrnes Ouvriers representent quel-ques Figuresau naturel, soit des personnages, soitdes animaux, soit des fleurs, soit des fruits ou autrechose, par le rapport de plusieurs petits morceauxde bois, de différentes couleurs qui imitent la Pein-ture , ils appellent cela de U Peinture en bois. Et ceuxqui travaillent de cette maniéré prétendent que cessortes d’Ouvrages soient autant de tableaux , & sequalifient Peintres & Sculpteurs en Mosaïque, à la