faculté d’abonnement avec profit sur les excé-dents, laissa la liberté d’exporter des sucresbruts, et enfin abaissa les barrières qui, jus-qu’alors, s’étaient opposées à l’introduction dessucres étrangers dans la consommation inté-rieure.
La sucrerie indigène continuait à être excluedu drawback. Le gouvernement réduisit lessurtaxes de pavillon et admit au drawback lessucres de canne de toute origine amenés parnavires étrangers. Les colonies furent déliées dupacte colonial.
En 1862, le déficit dans le Trésor public fitporter à 42 francs le droit sur le sucre brut.La production indigène était de 174 millions,celle de nos colonies de 104 millions, et l’im-portation des sucres étrangers atteignait 109 mil-lions, d’où un excédent des ressources sur lesbesoins de 182 millions. La baisse de 16 francspar 100 kilogrammes amena des plaintes géné-rales qui auraient demandé plus de circonspec-tion dans l’élévation du droit de consommation.
Malgré les efforts du marquis d’Havrincourtqui voulait l’impôt à la consommation et ceuxde M. Pinart qui demandait que le droit fût basésur le degré saccharimétrique, on aboutit le 7 mai1864 à une loi rétrograde qui établit un impôtde 42 à 47 francs suivant types en quatre classes.11 fut accordé jusqu’en 1870 une détaxe de dis-tance de 5 francs aux sucres coloniaux nonréexportés, mais les sucres étrangers furentfrappés d’une surtaxe de 2 francs aux 100 kilo-grammes. Les fabriques n’eurent plus la faculté
d’abonnement, l’admission temporaire fut subs-tituée au régime de drawback.
Le mécontentement engendré par cette loifut général; personne n’y trouva son compte.Le déficit du Trésor atteignit 35 millions.
Ces continuels bouleversements législatifsdans une industrie qui doit concourir tout à lafois à l’alimentation publique, à l’équilibre dubudget et à la prospérité de l’agriculture, ame-nèrent un désarroi qui égara les industriels dansleurs efforts. Cette loi néfaste a certainementcontribué à ne pas nous laisser voir les consé-quences de l’immense progression de la qualitédes betteraves à l’étranger.
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Cet exposé de nos législations se trouve, parle fait même du cadre imposé à notre ouvrage,infiniment trop analytique.
Nous avons nécessairement laissé de côté unemultitude de lois et de décrets qu’il sera facileau lecteur de retrouver ailleurs. Notre but a étéde montrer l’enchaînement des circonstancesqui commandèrent à la vie de notre industrie.La Sucrerie, née dans la ferme, aurait dû avoir'pour principal objectif l’amélioration de larichesse de la plante à sucre, mais obsédée pardes luttes et des rivalités sans cesse renaissantes,elle est restée hypnotisée par sa volonté de nepas disparaître.
Le génie français, attiré par la nécessité decréer un outillage et des procédés de fabrica-
tion, a engendré constamment des progrès mer-veilleux en technologie. Mais nos nombreuxgouvernements ont, comme nos législateurs,perdu de vue que, pour alimenter le Trésorpublic par un impôt de consommation et pourdéfendre les droits acquis de nos colonies, ilsavaient pour devoir primordial de montrer quela qualité de la betterave était indispensable àla production du sucre indigène et qu’il ne fal-lait pas abandonner cette plante aux hasardsd’une culture intensive. Nos cultivateurs ont étéaveuglés par les avantages que les récoltes decéréales tiraient de la betterave. De plus, ilssacrifiaient trop à la gloriole d’avoir de grospoids à l’hectare; ils ne se rendirent pas compteque ces betteraves épuisaient considérablementle sol sans avoir élaboré tout le sucre qui auraitpu être pris à l’atmosphère. Bref, ils n’ont pasvu que la production des graines faisait fausseroute.
Pendant ce temps, l’Allemagne , qui avaitdonné l’idée du sucre de betterave, créait long-temps après nous, en profitant de nos perfec-tionnements techniques, une grande industrienationale qui, installée dès le premier jourgrande et exempte de rivalités coloniales, por-tait son attention sur l’amélioration continueet illimitée de la betterave.
J. HÉLOT,
Secrétaire général honorairedu Syndicat des Fabricants de sucrede France ,