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Histoire centennale du sucre de betterave : album illustré des reproductions de documents extraits de la collection de M. Jules Hélot / Edité en commémoration du Centenaire de la fabrication du sucre indigène par le Syndicat des Fabricants de Sucre de France
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LES PROCÉDÉS TECHNIQUES

I. Production des jus par râpageet pressurage

Pour extraire le jus de betterave, nos pre-miers fabricants ont eu recours aux râpes, quidéchiraient le tissu cellulaire, et aux presses,qui exerçaient sur le « pressin » additionnéd’eau ou de petit jus, deux pressions succes-sives.

Les râpes. — Le traité d’Achard. nous faitconnaître deux « machines à broyer », forméesd’un « disque triturateur », portant des lamesde scie ; celles-ci étaient encastrées dans desfentes longitudinales, tracées comme les rayonsd’une meule, et portaient des dents, non paspointues, mais tranchantes, de façon « à déchireret trancher à la fois ». On disposait le disque,soit verticalement, soit horizontalement, et celui-ci tournait devant ou dessous une trémie pleinede betteraves 1 . — Drapiez broyait les betteravesdécoupées en morceaux dans un moulin à noix 2 .— Caillon les faisait passer entre deux cylindresdentelés 3 . — Parmentier proposa de faire usagede meules garnies de lames râpantes h

La râpe à tambour remplaça ces instrumentsimparfaits. Il convient de citer la râpe d’Acharden tôle-râpe 5 , celle de Pichon et Moyaux 6 , cellede Burette à lames de scie, munie de poussoirs

automatiques, construite primitivement pourla féculerie 7 , celle de Mathieu de Dombasle à tambours de bois 8 , celle de Thierry à poussoirsfonctionnant à la main 9 , celle de Carion-Del-motte, dont les poussoirs étaient formés par descylindres rotatifs.

L’idée de râper les betteraves, non plus àl’extérieur, mais à l’intérieur du tambour, appar-tient à Oddobel, dont la râpe était conique, età Molard, dont la râpe était cylindrique ; à l’in-térieur se trouvait un poussoir fixe, offrant auxbetteraves, entraînées par le tambour, une résis-tance qui leur permettait de se râper; la pulpesortait extérieurement par des fentes contre les-quelles les lames étaient encastrées 10 . — La râpeChamponnois créée en 1861, présente au con-traire un poussoir mobile et un tambour fixe.

"Les presses. — La sucrerie adopta dès le débutles presses en usage pour le vin, l’huile, etc.,presses à leviers, à crics, à coins, à vis en fer;la pulpe était enfermée dans des sacs ou desserviettes de grosse toile, par l’intermédiaire dupelleteur mécanique ou « paloteur ». — La presseà double effet d’Isnard, composée de deux bois-seaux horizontaux, dans lesquels une même vis,terminée par deux plateaux, s’engageait alter-nativement, permettait de vider ou de préparerles sacs de l’un des boisseaux, tandis que lessacs de l’autre restaient comprimés". — A lapremière pression dite préparatoire, succédaitune seconde pression, qui était toujours donnéepar la presse hydraulique.

Les presses continues appartiennent aux ori-

gines. Achard proposa d’étaler la pulpe à lasurface d’une toile lâche, et d’y faire pas-ser unrouleau pesant *. — La presse de Molard permet-tait un travail continu : une toile de chanvresans fin passait entre deux rouleaux métal-liques I2 . — Les rouleaux de la presse de Clémentétaient en pierre ; — la presse d’Olivier substituaitaux toiles des feuilles de tôle que l’on garnissaitde pulpe, et que l’on faisait passer alternative-ment entre les cylindres;—et Burette remplaçaces tôles partielles par une tôle continue 13 . Lapresse Manuel et Socin et la presse Poizot sontplus modernes.

C’est en 1836 que Pecqueur imagina la presseà surface filtrante qui fut, surtout dans les dis-positifs de cette surface, perfectionnée par Col-lette, Champonnois, Lebée, Dujardin, Fla-ment, etc.

On ne saurait quitter cette question sansrappeler l’établissement par Jules Linard, vers1866, des râperies desservant les usines cen-trales.

L’adoption du procédé par diffusion fit de1878 à 1892 disparaître les râpes et les presses.

BIBLIOGRAPHIE

1. Achard. Die Europaische Zucker Fab.

2. Bull. Soc. d’encour., 1811, X, p. 86.

3 . 4. 6. Bull. Soc. d’encour., 1812, XI, p. i 55 , 221, 3 .

5 . Derosne. Traité du sucre européen, 1812, p. 43.

7. 8. Bull. Soc. d’enc. '1817, XVI, p. 80, 279, et Mathieu de Dom-basle . Faits et observations, 1820, p. 94.

9. 10. Dubrunfaut. Art de fab. le sucre de bett., 1825, p. 1S1 et i 5 S.

11. Bull. Soc. d’encour., i 8 i 3 , XII, p. 197.

12. Bull. Soc. d’encour., 1812, XI, p. 157.

1 3 . Bull. Soc. d’encour., 1819, XVIII, p. 3o2.