LA DIFFUSION
Les expressions : osmose, diffusion, dialyse,désignent une même force physique que mettenten œuvre les procédés dits de macération et dediffusion.
Jusqu’en 1832 l’extraction industrielle du jusde la betterave s’est faite exclusivement par pres-sion. Les procédés indiqués par Gôttling (Zucker-bereitung, 1798), par Fouques 1808 (Légier), et quiconsistent à traiter par de l’eau froide les tranchesséchées de betteraves, ne retiennent pas l’atten-tion.
Mathieu de Dombasle (Faits et Observations1820) montre le défaut du système des presses quidonne 80 p. 100 de jus alors que la betterave encontient 96 à 97 p. 100. Dumas (voir Payen 1832)recommande de chauffer les tranches des bette-raves dans de l’eau aiguisée d’acide sulfuriqueavant de les presser.
En 1825 Dutrochet publie son travail surl’endosmose, travail dont s’inspirera Dubrunfautpour l’osmose industrielle (1854).
En 1832 de Dombasle publie le premier cahierde son «Bulletin de macération ». Il y décrit sonprocédé dit de « macération » dont le succèsdépend, dit-il, de deux conditions : destructiondu principe de vie par la chaleur (50 à 6o° R oumieux 8o° R) et durée suffisante de l’action. Sa bat-terie avait six cuves à double fond chauffées parserpentin ou par foyer spécial. Le contact danschaque cuve durait une demi-heure après quoi le
jus soutiré était versé dans la cuve suivante.Les tranches de betteraves avaient 6 millimètresd’épaisseur.
En 1833 de Beaujeu décrit lui-même lesappareils de macération à circulation continuequ’il a installés dans sa fabrique d’Arcé, prèsd’Angers . La batterie a huit cuves, les jus passenten continu d’une cuve dans l’autre par différencede niveau. Les tuyaux de communication se ren-flent en un réchauffoir à serpentin de vapeurdirecte.
Dans le deuxième cahier de son « Bulletin »,de Dombasle dit qu’il faudra donner la préférence à l’appareil de Beaujeu s’il donne de bonsépuisements. Cette fois, il recommande de chauf-fer les cossettes fraîches avec de la vapeur avantl’arrivée du jus, de chauffer les autres cuves parbarbotage et d’envoyer de l’eau déjà chauffée aucuvier de queue.
Des difficultés de circulation se présentent.Le Gavrian et Demesmay réagissent contre l’aci-dité par l’addition de chaux à la râpure. Déli-male propose de placer les tranches dans unpanier et de faire passer celui-ci de cuve en cuveavec une grue. Martin et Champonnois indi-quent, en 1834, un macérateur continu en formede siphon renversé. La même année Clemandotconseille d’agiter le pressin dans de l’eau bouil-lante et de presser une deuxième fois. Le Gavrianadopte d’abord le même procédé avec macérationà froid du pressin et deuxième pression déter-minée par le vide. En 1836 il applique son pro-cédé « pneumatique » de macération à froid dela râpure elle-même.
Vers 1836 Pelletan construit son « Léviga-
teur » qui réalise en continu la macération àfroid de la râpure. A peu près au même momentle docteur Reichenbach fait à Blansko (Bohême)avec son «édulkator» de la macération continueà chaud sur des tranches de betteraves.
En 1838 Schützenbach propose d’extraire lesucre des tranches de betteraves séchées et pul-vérisées, soit à l’eau, soit à l’alcool. Ce derniermoyen est déjà indiqué par Margraff, Derosne,Blumenthal, Cellier. Duquesne fait, dans un vasefermé, la macération des tranches séchées. Bou-chet Saint-Armand (1837), Dombasle ( 1842) con-seillent de chauffer rapidement les tranches debetteraves à ioo°, puis de les soumettre à la macé-ration à froid. En 1840 de Lirac propose unappareil pour sécher les betteraves avant de lesépuiser par macération.
En 1847 Robert installe la macération deDombasle dans sa fabrique de Seelowitz. La bat-terie avait des cuves fermées (comme celles deDuquesne) ressemblant aux diffuseurs actuels,D’après Walkhoff (1858) on en obtenait de bonsrésultats. En 1849, commencent les travaux deGraham sur la dialyse.
Vers 1853 Schützenbach, à l’instar de LeGavrian et Pelletan, applique la macérationà froid à la pulpe de râpe, mais dans une batteriede vases cylindriques disposés en étage etpourvus des agitateurs et des pompes nécessaires.
En 1860, Maumené propose la chaux commemoyen de conservation des jus, idée qu’appli-quera Jules Linard en 1867 au transport partuyaux souterrains des jus des râperies jusqu’auxsucreries centrales.
Il convient de mentionner les procédés mixtes