Le four Huillard (1904) sèche la pulpe ou lescossettes de betteraves avec les gaz perdus desgénérateurs. Lafeuille (1903-1906) fait de la cos-sette-fourrage dans son four.
La rentrée des eaux de diffusion dans la batterieaprès épuration par la chaux et l’acide carbo-nique est indiquée par Crahé (1874), Vivien (1894)et Pellet (1906). Claasen (1905), Pfeiffer (1903-1906)Zscheye (1907) préconisent des procédés spéciauxcomportant l’élimination delà pulpe folle avantla rentrée (avec des épulpeurs spéciaux).
Laissant de côté l’emploi des antiseptiques :acide sulfureux, bisulfites, etc., prévu parProost (1810), Melsens (1848), etc., nous dironsmaintenant quelques mots au sujet des postesqui précèdent la diffusion : Les transportspar locomotive routière, Pilter (1866-67), Cor-bin (1870), par voie portative et démontable (Cor-bin (1871), Decauville (1880), par câble, parchemin de fer à voie étroite; les transporteurshydrauliques (Reidinger, 1880). la roue élévatrice(Selwig et Lange 1882), le déchargement automa-tique des chariots et des wagons (Roisin,Maguin, Paschen), la pompe Béduwé-Mam-mouth (1905), réalisent de grands progrès pourle transport et la manutention des betteraves.
Au lavoir primitif à tambour (à lattes ouen tôle), on a substitué le lavoir à bras,horizontal, de construction variable, le laveur-épierreur Raude (cylindre vertical). L’épierreurLoze, l’épierreur-épailleur Duflos-Maguin (1909)sont installés dans quelques usines françaises .
L’impôt sur la betterave a nécessité des bas-cules exactes. Celles de Trinks, primée en 1861,fut longtemps employée en Allemagne . On l’a
remplacée peu à peu par des bascules automa-tiques Rcisert (1892), Schenk (1892), Chronos.La loi de 1884 fait naître en France les basculesMontauban et Marchandier, Maguin, d’Hen-nezel, Conreur, Crombez, Devilder, etc.
On emploie surtout le coupe-racines à disquetournant ; mais beaucoup d’usines possèdent lecoupe-racines à tambour (Maguin). Aux couteauxà doigts, fixés sur le disque par des boulons etemployés par Robert, ont succédé peu à peu lescouteaux Naprawil, Kœnigsfeld ou Goller, faî-tières, Bergreen (Goller suivi de lame) qui sefixent sur des porte-couteaux à contre-lame.On emploie généralement les couteaux Goller oufaîtières.
Les batteries ont de 10 à 16 diffuseurs et, parmiles dernières construites en France , il en est dontles diffuseurs ont de 80 à 120 hectolitres de capa-cité. La durée de contact varie entre une heureet quart et une heure et demie. On soutire 105à 118 litres. .Le mesurage est généralement faitdans des bacs à flotteur souvent pourvus descontrôleurs Rassmus ou Horsin-Déon mais lesbacs à débordement sont préférables.
On détermine le poids de sucre entré dans labatterie en tablant sur le poids des betteraves etsur la polarisation des cossettes fraîches (dig. aq.).Nombreux sont les travaux sur les pertes à ladiffusion (Quennesson, Collignon, Lalo, Pellet,Herzfeld, Claassen, Sachs, Weisberg, Aulard,Saillard, etc.), mais la question donne toujourslieu à des discussions. Il vaudrait mieux peserles jus que d’en mesurer le volume; les pertes desucre par fermentation augmentent l’acidité, ellespeuvent ne pas être négligeables. (Lab. duSynd.).
Quand on regarde la « macération » et la« diffusion », dans le recul du passé avec l’expé-rience que nous avons, on ne peut s’empêcherde reconnaître, avec Dubrunfaut et Walkhoff,qu’il s’agit là d’un même procédé auquel deDombasle a consacré vingt-cinq années d’effortset qui a été surtout perfectionné par Robert. Ilfaut dire aussi que son introduction dans lapratique a été aidée par l’amélioration de labetterave et par les perfectionnements apportésau coupe-racines et à l’épuration des jus. Lesnoms de Dombasle et de Robert sont insépa-rables dans l’histoire de la diffusion.
L’œuvre de Mathieu de Dombasle , auquelNancy , sa ville natale, a élevé une statue en 1850,a d’ailleurs été considérable non seulement ensucrerie, mais aussi en agriculture et dans laconstruction des machines agricoles.
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Émile SAILLARD,
Professeur à l’Écoledes Industries Agricolesde Douai .
Directeur du Laboratoiredu Syndicat des Fabricantsde Sucre de France .
Publications consultées : Opu. Chimi., par Margraff (1762);Zuckerbereitung., par Gôttling (1798); Faits et observ. (1820)et Bull, de macér., par de Dombasle; Traité de la fabric. et duraff., par Payen (1832) ; Mémoire sur la fabric. au moyend’app. continus, par de Beaujeu (1 833 ) ; Bull, de la Soc. d’en-cour.; Comptes rendus; Manuel du fabric. et du rafûn., parBlachette et Zoéga 1 833 ; Hist. des orig. de la fabric. dusucre, par Légier; Rübenzuckerfabr., par Schmelzer(i 836 ), parLeüchs (1 836 ), par Schmidt (1847), par Walkhoff ( 1 858 et 1874);L’ind. du sucre de bett. depuis 1860, par J.-B. Dureau; Ladiffusion de Robert, par Adler; Guide du fabr.,par Basset; Lesucre, par Dubrunfaut; Fetschrift, par de Lippmann ; Journaldes Fabr. de sucre; Suc. Ind. et Col. ; Bull. Assoc. Chim.Suer.; Zeitschrift d’All., d’Autr., de Bohême; Suc. belge .