lioré l’appareil d’évaporation à effets multiples.
Rillieux avait déjà eu l'idée de se servir de lavapeur qui sortait de la deuxième caisse de sonappareil pour réchauffer les jus, cette idée a étéle point de départ d’une modification importantede l’appareil d’évaporation auquel on est arrivé àdemander de fournir la vapeur pour tous leschauffages nécessaires aux divers stades de lafabrication, avec un rendement thermique maxi-mum.
Enfin, les progrès de la construction joints auxrésultats des études et des essais, ont permis deréduire les chutes de température nécessaires et,par là, d’augmenter le nombre des effets possiblesavec une même chute de température totale.
Aujourd’hui, et grâce à l’emploi de moteursperfectionnés, il n’y a pas d’usine qui aitassez de vapeur d’échappement pour faire l'éva-poration. Il faut y ajouter de la vapeur vive. Ilétait dès lors naturel de chercher à utiliser la pres-sion disponible de cette vapeur au lieu de ladétendre simplement jusqu’à la pression de lavapeur d’échappement des machines pour lamélanger avec celle-ci. On a donc été amené àétablir des caisses marchant sous pression. Onn’est limité dans cette voie que par la nécessité dene point risquer la destruction du sucre par l’em-ploi de températures trop élevées.
Depuis quelques années, un nouveau typed’appareils se répand dans l’industrie : il est dûà M. Kestner eUest basé sur les phénomènes degrimpage qui se produisent dans des tubes longset de faible diamètre chauffés extérieurementlorsqu’on alimente ces tubes à leur partie infé-rieure d’un liquide en ébullition. MM. Prache et
Bouillon construisent un appareil à tubes inclinésqui met à profit un phénomène de même ordre.
On a eu l’idée de mettre à profit d’une ma-nière toute différente l’énergie de la vapeur viveen l’utilisant pour comprimer une partie desvapeurs détendues, sortant de l’appareil à éva-porer, lui rendant ainsi les qualités qui permet-tent de l’utiliser de nouveau à l’évaporation.
Pelletai! paraît avoir été le premier à proposerce moyen dès avant 1840; et, pour y parvenir, ilproposait soit l’emploi de pompes de compres-sion, soit l’emploi d’appareils à jet. Rittinger en1855, Piccard et Weibel en 1875, d’autres encore,firent des applications en employant des com-presseurs à pistons. Mais ce procédé ne serépandit pas en raison du faible rendement et ducoût élevé des compresseurs employés. Il n’estdevenu réellement pratique qu’avec les appareilsà jet créés par MM. Prache et Bouillon.
Un principe nouveau de l’utilisation de laforce vive du jet mis en pratique conduit à desrendements vraiment industriels qui permettentd’envisager de multiples applications.
Les perfectionnements récents dans la con-struction des appareils d’évaporation et de cuite,l’emploi des thermo-compresseurs combiné aveccelui des turbines à vapeur permettent d’envi-sager l’éventualité de nouvelles transformationsimportantes dans l’utilisation de la vapeur. Jus-qu’à ce jour, on a utilisé la vapeur à produire laforce motrice uniquement dans les régions les plushautes de sa pression ; et, lorsqu’elle est suffisam-ment détendue, seulement alors elle passe auxappareils d’évaporation et de chauffage, pour seperdre ensuite au condenseur. Mais si l’on tient
compte, d’une part, que les rendements desthermo-compresseurs sont d’autant meilleurs quela pression d’origine de la vapeur vive est plusélevée, d’autre part que la turbine à vapeur est unmerveilleux instrument d’utilisation de la puis-sance de la vapeur jusqu’aux pressions les plusbasses; enfin, si l’on joint à cela que sont récem-ment apparus des appareils très perfectionnéspermettant de pousser le vide au condenseurjusqu’aux plus extrêmes limites, il n’est pasdéfendu d’envisager que l’emploi de la vapeur ensucrerie pourra subir une interversion complète.La vapeur serait produite aux pressions prati-quement les plus élevées. Elle serait d’abordemployée à l’évaporation, aux chauffages et à lacuite par l’intermédiaire dethermo-compresseurs.Quant à la force motrice, à l’inverse de ce quise fait actuellement, elle serait obtenue par l’uti-lisation des vapeurs sortant des appareils à éva-porer et à cuire, dont la détente serait pousséeaussi loin que le permettrait l’emploi des nou-veaux appareils à faire le vide.
Les premières générations de fabricants desucre se refusaient à l’emploi des premiers appa-reils mécaniques par crainte de compliquer leurindustrie. Il semble que les générations futuresdoivent se préparer à l’application de toute unesérie de perfectionnements en vue de tendre inlas-sablement vers la diminution du prix de revient.
Charles CAMUSET,
Ingénieur des Artset ManufacturesDirecteur de la SucrerieCentrale de CambraiMembre de la Chambrede Commerce