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Histoire centennale du sucre de betterave : album illustré des reproductions de documents extraits de la collection de M. Jules Hélot / Edité en commémoration du Centenaire de la fabrication du sucre indigène par le Syndicat des Fabricants de Sucre de France
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fermé dans lequel on fait agir le vide), le procédéSimplex de Maguin (cuite de bas produits surpied de cuite de masse cuite de premier jet), leprocédé de Meaux (cuite de bas produits surpied de cuite de sirop vierge), le procédé Claassen(injection de vapeur par une couronne percée detrous dans la masse à cuire pour assurer sonmouvement dans l’appareil, et emploi d’un bras-moscope perfectionné), le procédé Grosse (cuitedes égouts en grains avec mouvement méca-nique intérieur), le procédé Karlik et Czapi-kowski (cuite et cristallisation en mouvementdans les appareils spéciaux des inventeurs),le procédé Mastain et Delfosse (refroidissementpresque instantané dans un appareil spécialdonnant le sucre à l’état de cristaux très finsque l’on sépare de leur eau-mère dans desfiltres presses), enfin le système Kestner, dontnous avons déjà signalé le procédé de cuissoncontinue (masse cuite refroidie d’une façoncontinue dans un appareil de malaxage formépar une série de vases étagés), il donne aussi unsucre en grains très fins difficiles à turbiner.

L’introduction de la turbine centrifuge dansl’industrie du sucre transforma complètementles procédés primitifs du travail des massescuites; la séparation du sucre et de la mélasse,se fit en quelques minutes par l’action de la forcecentrifuge, avec une économie de main-d’œuvreconsidérable.

On vit successivement les turbines primitivesde Seyrig, construites par Derosne et Cail vers1850, puis les turbines à commande par-dessous

de Fesca, dont l’arbre n’était plus maintenu d’unefaçon rigide dans la verticale, mais retenu parune douille mobile dont les oscillations étaientlimitées par des ressorts amortisseurs pour atté-nuer le balourd éventuel du panier de la turbine.

Au début, le sucre était récolté en le relevantpar-dessus les bords du panier avec des pelles àmain, travail lent et pénible pour l’ouvrier. En1875 Fesca eut l’idée de faire la vidange par-dessous au moyen d’orifices ouverts dans lefond du panier de la turbine, ce qui facilita etaccéléra le récoltage du sucre.

Les turbines suspendues, sans crapaudineinférieure, furent imaginées avant 1870 parWeston, perfectionnées par Hepworth , puis parWatson, Laidlaw et C iü ; elles ont retrouvé dansces dernières années un regain de faveur, enraison de leur facilité d’installation sans fonda-tions, leur grande production et l’économie demain-d’œuvre qu’elles procurent, grâce à lafacilité de la vidange du sucre par le fond com-plètement amovible.

La recherche de la continuité du travaildans le turbinage a de longue date hantél’esprit des inventeurs, mais aucune des tur-bines à chargement et déchargement continusn’a pu se maintenir dans la pratique. Celle deSzceniowski et Piontkowski s’est le plus rappro-chée de la solution du problème. Les turbinesThomas et Hampl n’étaient que des turbinessemi-continues, où le remplissage et la vidangese faisaient en marche, la turbine étant seulementralentie mais non arrêtée.

Lorsqu’on turbine les masses cuites depremier jet et que l’on veut obtenir des cristauxblancs propres à la consommation directe, onintroduit dans la turbine, pour laver les cristaux,soit de la clairce (sirop d’égout étendu d’eau),soit de l’eau pure que l’on versait primitivementà la main et dont l’introduction se fit plus tardpar des injecteurssous pression ou pulvérisateurs,de manière à mieux répartir la clairce. Enfin, onsèche le sucre après clairçage par un jet de vapeursèche ou surchauffée, lancée soit à l’intérieur dupanier directement sur la couche de sucre, soità l’extérieur dans l’espace annulaire entre lepanier et son enveloppe, pour éviter la fontedu sucre au contact du jet de vapeur.

Au lieu de sécher le sucre par un clairçage àla vapeur dans la turbine même, on peut sortirle sucre encore humide après le clairçage à l’eau,pour le sécher dans un tambour rotatif à doubleenveloppe, avec circulation de vapeur, employéd’abord en Amérique sous le nom de granula-teur.

Il ne reste plus qu’à entraîner par des hélices,des transporteurs à courroie ou à secousses lesucre, puis à le monter par les élévateurs dansle magasin à sucre où il est ensaché pour êtreexpédié.

Jules RAGOT,

Ingénieur des A rtset ManufacturesAdministrateur déléguéde la Sucrerie centralede Meaux.