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Histoire centennale du sucre de betterave : album illustré des reproductions de documents extraits de la collection de M. Jules Hélot / Edité en commémoration du Centenaire de la fabrication du sucre indigène par le Syndicat des Fabricants de Sucre de France
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II

La première organisation professionnelle envue de grouper tous les fabricants de sucre deFrance pour la défense de leurs intérêts fut le« Comité central ». Définitivement constituéen 1867, son premier bureau était composé deMM. Georges d’Hargival, président; Vion, vice-président; Horrer, vice-président-trésorier; Vil-lain et Mariage, secrétaires.

L’article premier du règlement, définissaitainsi l’objet principal de l’Association :

« Le Comité central des délégués de la sucre-rie indigène est institué en vue de veiller auxintérêts généraux de cette industrie; de se faire,vis-à-vis des pouvoirs publics, l’organe de sesvœux ou de ses réclamations, et d’étudier tousles faits scientifiques, économiques ou commer-ciaux, tous les actes législatifs ou d’administra-tion, qui peuvent influer sur les progrès et lesdéveloppements de la fabrication et du commercedes sucres.

«Il sert de lien et de centre aux comités locauxou aux cercles, de manière à réunir leurs effortsdans l’intérêt commun et à réaliser ainsi l’Asso-ciation générale des fabricants de sucre de bette-raves. »

Le premier acte du Comité central a été deprotester contre les arrangements internatio-naux plaçant la sucrerie française dans un étatd’infériorité vis-à-vis de l’Allemagne et de l’Au-triche notamment, qui obtenaient, avec leurssystèmes d’impôt sur la betterave, des bonis beau-coup plus élevés que la surtaxe de 2 francs,

appliquée à l’entrée de leurs sucres en France .Il demanda que cette surtaxe fût portée à 3 fr. 25.Puis il réclama le dégrèvement d’une partie del’impôt qui frappait le sucre à l’intérieur pour enaugmenter la consommation.

D’autres questions importantes réclamaientdes solutions. Une enquête parlementaire, où lesmembres du Comité central devaient êtreentendus, était projetée pour examiner la situa-tion; mais les événements de 1870 firent ajournertous les projets.

Après la guerre, le Comité central reprit sestravaux par une première séance qui s’est tenue àDouai le 18 avril 1871. Après avoir salué la mé-moire de l’un de ses membres, M. Ernest Barochetué héroïquement à l’ennemi, le Comité abordal’ordre du jour qui comprenait, notamment : leraffinage en fabrique et la recherche des moyensde supprimer les entraves qui s’opposaient à sondéveloppement ; les analyses de sucres; les assu-rances contre l’incendie; puis, l’examen de mé-moires ayant pour titres : des sucres allemandset du régime auquel ils sont soumis ; régime dessucres en Belgique ; marchés à livrer de 1870-1871et difficultés survenues à leur égard, etc.

Dans une autre séance, le Comité réclamal’abandon de l’échelle des types et l’adoption del’impôt à la richesse saccharine déterminée parl’analyse, appelé : « Impôt à la consommation. »Il prit ensuite la résolution suivante : Prier legouvernement de négocier, avec les puissancessignataires de la Convention de 1864, une ententepour l’établissement d’un « impôt unique sur

le sucre », quelle que soit sa richesse ou sanuance.

Le Comité central sollicita aussi uneaudience qui lui fut accordée, le 6 février 1873,par M. Thiers , président de la République, afinde lui exposer les doléances de la sucrerie etlui soumettre les mesures à employer pour ladéfense de cette industrie.

Malheureusement, par suite de nécessitésbudgétaires résultant de la guerre, l’impôt deconsommation fut élevé, le 30 décembre 1873,à 65 francs sur le sucre brut; 70 fr. 20 sur lespoudres blanches; 73 fr. 32 sur les raffinés.

Le Comité central s’occupa activement detoutes les questions intéressant la sucrerie : laConvention internationale; les types de nuance;l’analyse polarimétrique; l’exercice des raffine-ries; le travail des femmes et des enfants; l’assu-rance mutuelle contre l’incendie; l’améliorationde la graine de betterave; les arbitrages à laBourse de Paris; les subventions industrielles; lacréation d’un laboratoire de chimie; l’impôt fon-cier; les patentes; le warrantage des sucres; lafabrication, etc...

Une crise sur la sucrerie se faisait pressentir.Pour la conjurer, le Comité central persistait àréclamer l’application de l’impôt à la consomma-tion. D’autres moyens étaient indiqués, notam-ment l’impôt sur la betterave, préconisé parM. Mazuriez, signataire de ces lignes. Il fallutcinq ans pour arriver à l’adoption de cette der-nière mesure qui devait assurer la prospérité àla sucrerie française.