LES PUBLICATIONS SPÉCIALESA LA SUCRERIE
Parmi les organes essentiels de représenta-tion et de défense dés intérêts de l’industrie dusucre, la presse occupe un rang important.Il n’en a pas toujours été ainsi. A l’origine,les fabriques de sucre étaient nombreuses.Encouragées par la faveur impériale, elless’étaient rapidement multipliées; confiantesdans l’avenir, elles vivaient isolées, sans lienscommuns. Du jour où la prospérité de l’in-dustrie nouvelle fut menacée, où il fut questionde frapper d’un impôt son produit, les fabricantsde sucre se groupèrent, formèrent des associa-tions. Un des premiers soins de ces associa-
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tions fut de créer des bulletins, des revues pro-fessionnelles destinées à rendre compte de leurstravaux, à faciliter l’échange des idées, à sou-tenir devant les pouvoirs publics les droits et lesdesiderata de la corporation.
A côté de ces publications, d’autres, d’un-caractère analogue, mais inspirées par l’initia-tive privée, vinrent bientôt se placer.
Parmi ces dernières, il faut citer « L’Agri-culteur manufacturier », publié, en 1830 et en 1831,par M. Dubrunfaut, l’un des pères de la chimiesucrière. Consacrée aux sciences mécanique, phy-sique et chimique appliquées à l’agriculture et
aux arts qui s’y rattachent immédiatement, cetterevue renfermait nombre d’études concernant lachimie et la mécanique dans leurs rapports avecl’industrie du sucre. A noter la description d’unefabrique de sucre établie à Douay (sic), parM. Meunier, et dans laquelle la râpe et lespresses étaient actionnées par un manège àbœufs, les jus déféqués dans des chaudières àfeu nu et les sirops cuits dans un appareil chaufféà la vapeur ; celle de la sucrerie de betteravesde MM. Foulquier et C ie , à Hérouelle, près deHam, et un remarquable exposé des expérienceschimiques faites en septembre et octobre 1831sur la betterave à sucre, par J. Pelouze . Aprèss’être assuré que les betteraves non altérées nerenfermaient ni sucre incristallisable, ni mannite,Pelouze épuisait par l’eau 500 grammes de racineréduite en pulpe très fine, transformait le sucreen alcool par fermentation et comparait la quan-tité d’alcool obtenue avec celle qui est fourniepar le sucre pur. Les teneurs en cristallisabletrouvées par Pelouze variaient entre 3,5 et10,3 p. 100 de la betterave, « Il est facile deprévoir, ajoutait ce savant, que la chimie prometd’immenses améliorations à nos fabriques desucre indigène, car entre 5 p. 100 qu’on obtienten pratique et 10 p. ico qu’indique l’analyse,il y a certainement beaucoup de marge. »
Une des premières revues sucrières spécialesdont nous ayons retrouvé la trace en France est :« le Bulletin des sucres français et étrangers ».Fondé à Paris , en 1837, par l’agence agricole, cerecueil, qui paraissait tous les quinze jours, avait
pour rédacteur principal M. Dupuis Delcourt. LeBulletin se proposait surtout de faire connaîtreet de propager les meilleurs procédés pour lafabrication du sucre de betteraves, de tenir seslecteurs au courant de tous les faits intéressantles fabricants, raffineurs, cultivateurs, etc... LeBulletin des sucres apporta notamment un con-cours efficace à la création de l’école spéciale etpratique de sucreries de betteraves qui fut établie,en 1837, dans le domaine de Pouilleuse, près deNanterre , et parmi les fondateurs de laquellefiguraient MM. Bailly de Merlieux, Allard,Buran et Payen, le célèbre chimiste qui fut, plustard, professeur de chimie industrielle à l’Écolecentrale des Arts et Manufactures et au Conser-vatoire des Arts et Métiers .
Le Bulletin des sucres renseignait régulière-ment ses lecteurs au sujet de l’extension del’industrie des sucres. Dans son numéro du15 février 1838, il donnait, par exemple, unerevue descriptive des fabriques de sucre de bette-raves installées dans le département de la Seine ,à Choisy-le-Roi, Ivry-sur-Seine, Maisons-Alfort ,La Varenne-Saint-Maur, Joinville-le-Pont , leBourget, etc... En correspondance avec l’étranger,il reproduisait, entre autres documents, une lettredu baron de Bourgoing, datée de Munich ,31 janvier 1838, dans laquelle l’auteur, s’adres-sant aux administrateurs de l’École de Pouil-leuse, écrivait : « Jusqu’à présent, l’industriesucrière n’a pas fait de grands progrès en Bavière ;le manque de connaissances nécessaires pourdiriger ces sortes de fabriques en est la princi-