pale cause. Mais grâce à votre institution, lesmoyens d'instruction ne manqueront plus àl’avenir à ceux qui voudront se vouer à ce genred’industrie... »
Que de faits, d’observations curieuses rela-tives au développement de l’industrie vers cetteépoque, il y aurait à glaner dans le Bulletin dessucres.
En 1860, le « Journal des Fabricants de« sucre » commence à paraître à Paris . Fondépar J.-B. Dureau, il est consacré spécialement àla défense des intérêts de l’industrie du sucre.Ancien raffineur de sucre à Nantes , ancien fabri-cant de sucre de cannes à la Louisiane , et fabri-cant de sucre de betteraves en France , à Somain,Arras, Bourdon, Sarliève et Roye , J.-B. Dureauest non seulement un praticien expérimenté,mais aussi un écrivain de valeur. De 1860 à 1896,il publie régulièrement dans sa feuille hebdoma-daire des articles aussi remarquables par le fondque par la forme. D’une impartialité et d’uneindépendance absolues, étranger à toute coterie,il n’a qu’un but : contribuer à l’avancement et àla prospérité de l’industrie du sucre par le pro-grès technique, par l’amélioration des condi-tions économiques et fiscales qui régissent cetteindustrie. Ce fut pour une bonne part la vigou-reuse et brillante campagne entreprise et pour-suivie par lui en faveur de la transformation dela culture betteravière et des procédés d’extrac-tion du sucre, qui amena l’adoption de la législa-tion de 1884 et la rénovation de la sucreriefrançaise.
Quelques années plus tard, en 1866, H. Tar-dieu, ingénieur des Arts et Manufactures, fondaitla « Sucrerie indigène et coloniale», organe desintérêts de la sucrerie et.de la distillerie. S’ap-puyant sur le Comité des Fabricants de sucre, lanouvelle revue traitait des questions techniqueset économiques dans leurs rapports avec la cul-ture de la betterave et de la canne et la transfor-mation industrielle de ces végétaux. Elle exerçaaussi une influence marquée sur l’évolution del’industrie sucrière.
En 1888, le Syndicat des Fabricants de sucre deFrance , qui avait succédé au Comité central desFabricants de sucre, créait la « Circulaire hebdo-madaire » et le « Bulletin trimestriel », publi-cations très appréciées consacrées aux comptesrendus des travaux du Syndicat, du Laboratoiresyndical et à la reproduction des documentsintéressant la fabrication et le commerce dessucres.
En 1891, paraissait à Valenciennes « La Bette-,rave », revue fondée par Georges Gras, ingénieurdes Arts et Manufactures, et s’occupant desindustries agricoles : sucrerie, distillerie, fécu-lerie, etc. En 1892, Emile Barbet, ingénieur desArts et Manufactures, fondait, à Paris « Le Sucreet l’Alcool», une fort belle revue illustrée, qui futrédigée de 1894 à 1896, année où elle cessa deparaître, parM.J. de Grobert, ingénieur des Artset Manufactures. En 1901, L. Bérard, ingénieur,créait à Condé (Nord ) «L’Industrie betteravière »,revue destinée aux producteurs de betteraves,fabricants de sucre, distillateurs. A cette énumé-
ration il faut ajouter le « Bulletin de l’Associa-«tion des Chimistes de sucrerie et de distillerie« de France et des Colonies », revue mensuelle,fondée en 1882. Recueil des travaux et rechercheseffectués dans le domaine de la chimie appliquéeaux industries du sucre et de l’alcool, cettepublication jouit d’une renommée universelle.
Indépendamment de ces organes, l’industrieet le commerce du sucre disposent de publica-tions annuelles qu’il convient de mentionnerici : la <ç Liste générale des fabriques de sucre »,éditée depuis quarante-trois ans par le « Journaldes Fabricants de sucre» et qui renferme nombrede données sur la législation, le commerce, lastatistique sucrière; « l’Annuaire de la betterave »,éditée par la revue « La Betterave » et qui contientaussi nombre de renseignements utiles pour lecultivateur, le fabricant de sucre et le négocianten sucre.
La création de revues spéciales à l’industriedu sucre n’est point, il faut le dire, particulière àla France . Dans la plupart des pays de produc-tion et de consommation sucrière, des publica-tions de ce genre ont été créées par les associa-tions de fabricants ou par l’initiative privée.L’œuvre de tous ces organes est considérable etl’on peut dire que l’industrie du sucre leur estredevable de ses progrès pour une large part.
Georges DUREAU,
Directeur du Journal des Fabricants de sucre.