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Histoire centennale du sucre de betterave : album illustré des reproductions de documents extraits de la collection de M. Jules Hélot / Edité en commémoration du Centenaire de la fabrication du sucre indigène par le Syndicat des Fabricants de Sucre de France
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Une fois encore, de profondes modificationsfiscales viennmt tout bouleverser, mais on a, dumoins, l’espoir que les principales nations pro-ductrices vont se trouver sur un pied de sensibleégalité.

Le cultivateur français sait se servir des racesriches qui ont fait la fortune de ses rivaux etl’industrie a organisé aussi puissamment unbon nombre de ses fabriques. En 1904-1905,275 usines seulement travaillent pour produire6i4ooo T , puis 803 ooo T en 1909-1910pour245 usines,soit 3 2 ûo t pour chacune. Autant qu’on peut lesupposer, ce chiffre doit être encore celui de lacampagne 1911-1912, il marque un recul sen-sible sur 1900; de grands efforts restent à fairedu côté de la production du sucre dans le champ,si nous égalions sous ce rapport nos principauxvoisins nous pourrions encore produire 1 millionde tonnes.

Notre industrie a toujours montré assez devitalité pour que l’on puisse être assuré de luivoir atteindre, à bref délai, ce résultat.

Pour ne pas compliquer l’exposé qui précède,nous avons seulement examiné la production desucre indigène, il convient maintenant d’étudierla consommation et les prix depuis 1812. A cetteépoque, en plein blocus continental, des prixexcessifs paralysaient la consommation qui,avec 8000' , ne dépassait guère 300° par habi-tant. Le sucre au détail était presque sans prix,et, en gros, il atteignait 3 fr. 60 le kilo; en 1817,on enregistre une consommation de 36 579 1 ,avec un prix voisin de 3''. En 1827, la consom-mation est de 52 799 t , le prix de 2 fr. 35 pour leraffiné acquitté avec 1 fr. 35 pour le sucre brut.

En 1838, le même sucre roux vaut encore i F ,mais le prix du raffiné n’est plus que de 2 F , on en

consomme, il est vrai, près de 110000', rapportantau Trésor la jolie somme de 34000000. De 1838 à1856, la consommation progresse lentement pouratteindre environ i6oooo T , les prix oscillentautour de 1 fr. 80, mais de mauvaises récoltes oudes crises économiques peuvent leur faireatteindre 2 fr. 50 comme en 1855. Toujoursbonne vache à lait du fisc, le sucre lui rapporte75 U7 ^7 ° f ? consommation par tête atteint4 kg. 5 et la dépense par habitant est à peu prèsde 9 fr. 10 impôt compris.

Vers 1860, le sucre brut est autour de 70 cen-times; le raffiné vaut 1 fr. 50 avec un impôtde 3 o f , une consommation totale de 247ooo Tdonne près de 6 kg. 5 par tête et le Trésorencaisse 91 000000 de francs. La consommation11e profite guère du large essor économique decette intéressante période. Le prix du sucres’abaisse progressivement, mais l’impôt est aug-menté; on demeure convaincu que le sucre estune denrée de luxe et, jusqu’à la veilledes événe-ments de 1870, la consommation est presquestationnaire. L’impôt rapporte 113 000000, le raf-finé acquitté vaut 1 fr. 50 et le sucre roux o fr. 64.

Dans les années ultérieures, les prix suiventune marche descendante; le sucre roux vaut25 francs en 1897 et à peine 30 francs en 1900. Laconsommation oscille entre 400 et 450000 1 et elleest dei4 K "par tête,exigeantune dépensede 14b-.50.

En 1901-1902 on assiste, dans le monde entier,à une crise sans précédent, amenée tant parl’exagération des primes que par l’organisationde puissants cartels. Le sucre roux tombe jusqu’àprès de i6 F sur le marché mondial : bientôt lesprincipaux pays producteurs signent la conven-tion de Bruxelles qui, en France , a pour corollaireun large dégrèvement. La consommation atteint

près de 700 ooo T , mais ce chiffre, qui avait comprisla reconstitution de stocks invisibles, ne se main-tint pas totalement, et, actuellement, elle oscilleautour de 625000^ Le sucre roux vaut 27 fr. 50 etle raffiné acquitté 63 F . Les recouvrements duTrésor dépassent 150000000 de francs.

Chaque consommateur absorbe i6 K de sucrepour une dépense de io F impôt compris, il payaitautant en 1855 pour 4 kg. 5. Nous sommes loin des300° de 1812, mais tout le monde est bien per-suadé que le sucre est, au premier chef, le plusindispensable des aliments.

Nous reproduisons ici un tableau graphiquequi retrace depuis 1871 les principaux facteurs dela production et de la consommation mondiales.

On y suit rapidement leur énorme progres-sion. A première vue, on constate aussi combiendemeure ardente entre les deux plantes à sucre lalutte pour la prépondérance : tandis que la pro-duction européenne procède par bonds suivis depériodes de recul ou de recueillement, la produc-tion coloniale au contraire, s’avance par échelonspresque réguliers, ne perdant jamais l’avanceacquise ; lutte angoissante entre toutes et quimontre à la vieille Europe qu’elle ne doit pass’arrêter un instant dans la recherche et l’appli-cation de nouveaux progrès pour conserver la partqui lui revient dans l’augmentation constante etrapide de la consommation mondiale.

Enfin, la ligne des cours montre d’une façonpéremptoire, que le consommateur a recueilli laplus large part des progrès accomplis, puisque leprix actuel n’atteint pas la moitié de celuide 1872.

L. BRUNEHANT,

Vice-président du Syndicatdes Fabricants de sucrede France ,