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LES AKTS ET METIERS ILLUSTRES.
est lente et dispendieuse; enfin, eile est malsaine et dangereuse äl’ouvrier qui s’y livre. Gelui-ci doit avant tont se preserver des etin-celles projetees par la meule dans.tous les sens, au moyen d’un garde-vue plus ou moins ingenieusement imagine; de plus, des particulesde gres et d’acier s’eparpillent partout, demeurent en Suspensiondans l’air et sont aspirees par l’ouvrier dont elles ehargent les Organesrespiratoires, compromettant sa sante et meme sa vie. On eut recoursä divers expedients pour prevenir ces deplorables effets, dont le plusefficace est encore l’etablissement de ventilateurs puissants venantaboutir, au moyen d’un large tube, pres de cbaque meule, et entrai-nant au dehors les poussieres deleteres a mesure qu’elles se forment.Mais reste encore la lenteur relative de l’execution, entre autresinconvenients; et cela devait faire abandonner une pareille methode,dans les grandes usines tout au moins.
Aujourd’hui, donc, dans les grandes manufactures, l’empointagedes aiguilles s’opere mecaniquement, avec une rapidite incompa-rable, une plus grande perfection aussi, et enfin sans aucun des incon-venients, pour l’hygiene des ouvriers, qu’on reproche trop justementä la methode ancienne. Les fils d'acier sont places dans une especede tremie, d’oü ils sont amenes, au moyen d’un plan incline, jusqu’aune bande de caoutchouc qui les re9oit et les met en contact avec lameule. Apres ce premier empointage, les aiguilles reviennent a leurpoint de depart, sont retournees et repassent par le chemin deja par-couru pour venir de nouveau en contact avec la meule, qui forme laseconde pointe.
Les deux extremites des fils d’acier sont maintenant brillantesaussi bien que pointues; mais leur milieu, qui n’a point ete touchepar la meule, est reste noir, comme il etait lorsque le paquet primitifa ete divise une premiere fois; il faut donc le polir a son tour. Unemachine est encore chargee de ce soin; eile met les fils d’acier encontact avec une courroie chargee de colle et d’emeri, animee d’unmouvement de rotation tres rapide; le poli donne, ils tombent dansune bassine, tout prets ä subir les operations suivantes. Les aiguillessont confiees a cette machine par poignees, comme a la machine äempointir, et l’operation s’execute avec une teile rapidite, qu’avec unouvrier habile pour la diriger eile peut fournir 150,000 aiguilles äl’heure.
L’operation suivante est ie palmage ou estampage de la partiede chaque fil oh la tete de l’aiguille devra etre percee. Elle consisteä porter sous un mouton a pedale ou ä etrier les fils ä doubles pointes,