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de peau de chevrotin ou d’un maroquin bien delie et de couleur desafran pour Fordinaire; et parce qu’ils n’empechaient pas beaucoup,les danseurs s’en servaient aussi; et pour le meine sujet, Fon depei-gnait le dieu des noces chausse de la sorte.
Sicyonia. C’etaient des souliers de femme, poupins et gentils,decoupes, blanos, legers et fort minces, ainsi appeles des Sicyoniens,peuples de Crece, gens delicats et effemines. Les hommes n’en por-taient point ä Rome, ä moins que de vouloir passer pour des muguets.
Balduinus rapporte encore diverses autres especes de souliers defemmes, au chapitre xx : comme blandia, qu’il confond avec crepidceet solece; nymphides , souliers de noces; tyrrhenica sandalia , sandalesornees de courroies de diverses couleurs avec lesquelles Phidias representa Minerve; endromides , baucides, souliers de chasse pourDiane et ses compagnes; baucides couleur de safran; rhadice , souliersminces et aises; periparides, souliers de servantes.
Solea est un mot generique qui convient ä toute sorte de chaus-sures ne garantissant que la plante des pieds, comme une semelletenue sur le pied par des courroies, telles que sont les sandales descordeliers et des capucins,et comme nous voyons dans les anciennesfigures. La crepida etait une sandale aussi, composee de deux semelles,lesquelles etant cousues et faisant en marchant un petit bruit appelecrepiius , lui ont fait donner le nom de crepida; c’est peut-etre pour-quoi Catulle y ajoute Fepithete arguta. Les femmes s’en servaientparticulierement et non les hommes, au moins en public; mais ils enportaient a la chambre, comme nous des pantoufles, et quand ils semettaient atable, ils les quittaient et les faisaient garder a leurs laquais.
Le sandalium etait ce que nous appelons aujourd’hui sandale etpresque la meme chose que la precedente espece, etant commun auxhommes et aux femmes, et n’ayant qu’un dessous de pied, sans autredessus que des courroies et attaches...
Crepida. C’etait encore une espece de pantoufle, sans talon, diffe-rant des precedentes en ce qu’elle avait pour semelle deux ou troiscuirs cousus ensemble qui craquaient lorsqu’on marcbait; d’oü sonnom. C’etait une chaussure etrangere. C’etait proprement la chaussuredes philosophes et de ceux qui faisaient profession d’une vie retiree.—II y a des auteurs qui tiennent que ce qu’ils appelaient boxece etaitquelque chose de semblable, hormis qu’apparemment le dessus dupied y etait tout entier, mais sans talon, justement comme sont nosmules ou pantoufles.
Ocrece, a parier generalement, etaient armures de jambe, comme