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Tome second.
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LES AKTS ET METIERS ILLUSTRES.

Le chambrelan est bien, en effet, le Deus ex machina de la bou-tique ou du magasin de chaussures, qui ne vivent que par lui; il estbien vrai quil est dhumeur independante, et que le patron estsouventoblige den venir ä Ia priere avec lui : du moins, il Iafflrme et nemanque jamais de sexcuser aupres du dient impatient de ses retardssur la paresse ou linconduite de ses ouvriers, tous des chambrelans.Toutefois, on peut ne pas croire le patron sur parole, car jai remar-que ced, que les bons patrons, cest-ä-dire ceux qui ont eux-memes,avec la loyaute qui rend les transactions agreables et faciles, de lor-dre et de lexactitude, ne manquent pas douvriers egalement exactset loyaux, et dune conduite qui peut etre comparee a la leur.

Du reste, le croquis du cbambrelan que nous venons de repro-duire est incomplet. Il y a deux especes de cbambrelans : ceux qui,prives de moyens de setabb'r, sont decides par lamour du foyer autantque par la passion de lindependance; ceux qui vivent au jour le jour,soit parce quils sont au debut de la carriere, soit pour cause din-conduite notoire et inveteree.

Les premiers nhabitent pas necessairement une « pauvre man-sarde » ou un « garni infect » ; il leur arrive de vivre la vie defamille des ouvriers aises, avec autant de dignite, sinon plus, quunmembre de la magistrature... assise, et alors on peut les trouverins-taües dans un petit atelier bien tenu dependant dun appartement fortconvenable, entoures de leur petite famille et assistes ä loccasiondun de ses membres en qualite dapprenti.

Les autres se reunissent frequemment trois ou quatre dans un« garni infect », y ayant chacun leur lit et groupes autour dunbaquet de Science commun, ayant une pierre a battre egalement com-mune et le minimum doutils indispensables. Des trois ou quatre oucinq ouvriers ainsi reunis, il ny en a souvent pas deux qui travaillentpour le meme patron ; mais chacun jouit des avantages de la commu-naute, on se soutient lun lautre, et quand un camarade manquedouvrage, il est rare quil ne se trouve pas quelquun parmi les autresqui ne soit en etat de lui indiquer un 'plan. Ce sont principalementdes jeunes gens, des garcons, entout cas, qui forment ces chambrdes ;leur conduite nest pas toujours mauvaise, tant sen faut, et beaucoupqui vivent ainsi, profitant des economies sur toute chose resultantdu Systeme, ont appris le chemin de la caisse depargne sur lequel ilnest pas rare de les rencontrer, stimules par lambition de setablir oudepouser quelque jolie fille discretement aimee, quand le magot sesera suffisamment arrondi.