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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
sures a la mecanique. Aussi y est-on dans l’habitude d’accorder, pres-que des le debut, une legere remuneration aux jeunes gens qui s’yconsacrent. En quelques jours, ceux-ci ont appris ä retirer de laforme la chaussure achevee, Operation delicate en toute circonstanceet dont depend la grace de la chaussure, a dresser, rafraichir, etc.Le reste vient tout seul. J’ai vu des hommes d’un age mür, absolu-ment etrangers a la profession, se mettre en peu de temps au courantde la mecanique, et devenir des ouvriers habiles, gagnant de bonnesjournees : c’est une simple affaire de gout.
On fait donc son chemin dans cette industrie comme dans touteautre, avec du travail, de la perseverance et du gout. On voit que, parsurcroit, la remuneration devance jusqu’ä un certain point la prati-que de cette profession nouvelle, nous le repetons, et qui laissedebout l’antique et invincible metier de cordonnier.
DIVISIONS DE LA PROFESSION DE CORDONNIER . — Deux grandesdivisions partagent la profession : celle de cordonnier pour hommes etcelle de cordormier pour dames. On pourrait encore, si on le voulaitbien, etablir des subdvisions assez nombreuses, mais non indispensa-bles pour ce qui nous concerne. Bien qu’il y ait des ouvriers speciauxpour la confection des bottes, le bottier est essentiellement un « cor-donnier pour hommes ». Les chaussures d’enfants elegantes et soi-gnees constituent une specialite, il est vrai; mais on peut considerercette specialite comme une branche de l’art « du cordonnier pourdames »; informes et grossieres, ces chaussures sortent des mäinsdes apprentis, dont c’est ordinairement le chef-d’oeuvre de debut;elles sont generalement en cuir. Quant aux chaussures faites entiere-ment d’etoffe grossiere et ä l’aiguille, pour etre vendues tres bonmarche, elles n’ont evidemment rien ä demeler avec l’art du cor-donnier.
Dans les grandes villes, — a Paris , par exemple, — oü l’indus-trie des « fabricants de talons de bois pour chaussures de dames » asa chambre syndicale, on pense bien que la cordonnerie, comme tousles autres metiers, arts, industries et professions, compte une-infinitede specialites diverses. Le bottier, qui est un des specialistes les plusinteressants du metier, a meine ete, il y a quelque quarante annees,une puissance sur la place; mais les beaux jours de la botte et dusous-pied sont evanouis depuis longtemps, et comme specialite, labotte n’existe plus qu'a l’etat d’exception.