0UT1LS ET USTENSILES DIVERS.
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le milieu et depuis la plante jusqu’au cou-de-pied, quelquefois aussiautour du bas de la jambe, s’il s’agit des bottes ou bottines; s’ilexiste des reliefs repetes, provenant des cors, durillons, blessuresou infirmites naturelles, il va. sans dire que l’operation est repeteeautant de fois qu’il est necessaire. II y a des ouvriers specialistes pourla chaussure des pieds tout ä fait difformes. La mesure de la grosseurdu pied est prise avec un metre en cuir souple ou en etoffe, et estrelevee par consequent en centimetres. Jadis, on n’y regardait pasde si pres ; une bandelette de papier suffisait a tout : on faisait unelegere dechirure avec l'ongle du pouce ä chaque mesure prise, etl’affaire etait faite aussi bien.
FORMES ET EMBOUCHOIRS. — Prendre la mesure est bien certai-nement la premiere Operation ä effectuer, dans l’hypothese d’unechaussure a faire, et c’est ce qui nous a decide ä parier de compaset de mesure avant tout. ■
Ce n’est pas toujours, ce n’est pas souvent meme celui quiprend la mesure qui fera les souliers ou les bottes. Dans la bou-tique ou le magasin, c’est 1’afTaire du patron ou de son represen-tant; lequel, ayant fait, choisit premierement les formes corres-pondant aux mesures. — Nous nous occuperons donc maintenantdes formes.
La forme ordinaire. — La forme est un morceau de bois durplein (frene, charme, alisier ou hetre ) auquel on a donne l’appa-rence exterieure d’un pied humain, sans en detacher les döigts et ensupposant qu’ils s’allongent sur une meme ligne. Cette forme n’estpas exactement d’un seul morceau, la saillie du cou-de-pied, decoupeeen forme de coin, dont la partie epaisse se trouve du cöte de l’ouver-ture du soulier, y est rapportee a plein joint, pour etre retiree d’abordau moment de deformer et faciliter ainsi l’operation. II y a la pairepour la confection des- chaussures elegantes et vraiment bien faites,parce qu’en effet les deux pieds ne presentent pas tout a fait la memeforme, puisque leurs lignes sont, de toute necessite, disposees inver-sement; mais pour les chaussures d’enfants et les chaussures com-munes de femmes, ainsi que pour les souliers grossiers des ouvriersdes champs, on a l’habitude de se servir d’une seule forme; de laSorte, on est moins bien chausse, la chaussure etant droite pour etremise a un pied cambre, mais si l’on a soin de changer de pied chaquejour ses souliers, ce Systeme offre un avantage qui devient fort appre-ciable sij par un defaut de la marche ou toute autre cause, on a une