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Tome second.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

Mais avant den venir la, il a fallu habiller la forme, qui noffreque la conüguration generale dun pied dune pointure donnee, etnon les details individuels. Ainsi, le cou-de-pied dune forme doit tou-jours etre plus bas que la nature, parce quil est toujours facile dyajouter une hausse , faite de quelques morceaux de cuir, pour attein-dre la hauteur voulue, ce qui est fait; de meme il peut se trouver dessaillies produites sur le pied du dient par des cors, des durillons, desnodosites, et que le formier na pas prevues : quelques fragments decuir habilement tailles, amincis, gradues ä coups de tranchet, reme-dieront ä cette omission fatale; la mesure, mise en frequente requi-sition, indiquera le moment Vhabillage sera acheve et la formeprete a servir; et cest alors que le dessus et la semelle y prendrontleur place respective, pour se reunir intimement ainsi quil a ete dit.

La chaussure terminee, il sagit den retirer la forme; et sans laprecaution quon a eue de faire du cou-de-pied une piece detachee,sorte de coin facile ä extraire avec quelques coups de marteau, leprobleme ne seraitpas souvent aise a resoudre. On enleve donc cettepartie, dabord; puis, on prend un petit crochet de fer muni dunepoignee transversale en bois tourne; on engage ce crochet dans untrou de meche pratique sur le cöte et pres du bord superieur de laforme, et lon tire, la forme tenue de la main gauche, la pointe enlair, et en frappant le talon äpetits coups sur le genou. Au reste,des genoux de cordonnier ne sont jamais au repos.

LE TIRE-PIED. Pour fixer sa semelle sur la forme, pour lymaintenir avant quil ly ait clouee, le cordonnier a du recourir dejaa un appareil singulierement ingenieux dans sa simplicite primitive.Nous voulons parier du tire-pied. Cest une simple laniere de cuir unpeu epais, dont les deux bouts sont reunis par trois ou quatre pointsgrossiers. On passe le pied dans cette courroie par une extremite, etle genou par lautre; eile est toujours assez longue pour que, uneforme ordinaire etant placee sur le genou, eile ly puisse serrer etroi-tement sans trop defforts. Cest ainsi que, la semelle posee sur laforme, dans le cas precedemment invoque, louvrier sest empresse desaisir son tire-pied, dy engager sa forme ainsi preparee et placeesens dessus dessous sur son genou, et dautre part son pied; louvrageest ainsi maintenu comme dans un etau et plus efficacement quant aubut poursuivi. Gest avec le tire-pied que le soulier renformö estmaintenu sur le genou par la tension du pied, dans toutes les opera-tions que louvrier lui fait subir successivement.